Expositions·In my life !

[Exposition #2] Velasquez

affichevelazque

Coucou tout le monde ! 🙂

Aujourd’hui, j’ai fait ma gentille petite élève bien sage et je suis allée voir…. *roulement de tambours*… Oui, bon vous l’avez surement compris, je suis allée voir l’exposition Velasquez au Grand-Palais, à Paris.

Pourquoi ma gentille élève ? Tout simplement parce que cette exposition était juste absolument O-BLI-GA-TOI-RE. Je devais aller la voir cette année. D’après mes profs, c’est une des plus belles rétrospectives de l’œuvre de l’artiste, jamais présentée. Bah tant mieux dirons nous. Oui, sauf qu’il y a un léger problème : je déteste Velasquez. Voilà, c’est dit. Je ne supporte pas ce peintre. Donc, suivant ma stupide, mais néanmoins réelle philosophie de vie, j’y suis allée au dernier moment. Parce que sinon ce n’est pas drôle. (Enfin, vous remarquerez que j’ai au moins j’ai un effort : D)

L’exposition se déroule donc du 25 mars 2015 au 13 juillet 2015 (oui, oui, c’est bientôt la fin, si vous voulez y aller, il faut faire vite !)

Autoportrait, 1644-1652, Florence Offices
Autoportrait, 1644-1652, Florence Offices

Commençons par une petite biographie de notre ami Velasquez (Séville 1599 — Madrid 1660) : il s’agit d’un peintre espagnol de l’époque baroque, issu d’une riche famille portugaise qui intègre la corporation des peintres à Séville et se spécialise dans les natures mortes et les scènes de genre. Il va étudier les styles italiens et flamands avant de devenir peintre officiel du roi en 1623. Il réalise des portraits de cour dont les décors donc très appréciés. La pose des personnages parait naturelle, moins guidée avec des compositions simples et une touche légère et rapide. Ses œuvres sont généralement très réalistes, il se plait à dessiner ses modèles tels qu’ils sont réellement sans idéalisation. Son talent renouvellera l’art de cour. 

Pour beaucoup, Velasquez est l’un des plus grands artistes de son temps. Il représente l’âge d’or de la peinture espagnol. Son œuvre est phénoménale, comme on peut d’ailleurs le remarquer lors de cette exposition.

L’exposition s’étale sur de nombreuses salles sur deux étages. Elle reprend d’un point de vue chronologique, l’œuvre de l’artiste. Cela se compose de la manière suivante :

Vue du jardin de la Villa Médicis de Rome - 1630 - huile sur toile - Musée du Prado
Vue du jardin de la Villa Médicis de Rome – 1630 – huile sur toile – Musée du Prado
  • Mythologies
  • Balthasar Carlos, l’Infant chéri
  • Le premier voyage en Italie
  • Entre Séville et Madrid : premiers portraits
  • La découverte du Caravagisme
  • Variations naturalistes
  • Dans l’atelier de Pacheco
  • Peintre de la cour
  • Le Second voyage en Italie
  • Velasquez chef d’atelier
  • Les Velazquenos
  • Juan Bautista Del Mazo

L’exposition en elle-même est plutôt didactique. Sa disposition chronologique permet de bien voir l’évolution dans l’œuvre de l’artiste. C’est particulièrement intéressant de voir comme d’un trait net et appuyé, on passe à une touche légère et presque floutée. Dans ses dernières toiles, je trouve qu’une grande impression de mouvement se dégage, accentué (bien sûr) par la touche légère.

Oui, je l’avoue, j’ai été très agréablement surprise par l’exposition. Bon, en même temps, je partais avec tellement d’appriori sur l’artiste que je ne pouvais qu’être surprise. Surprise premièrement par le nombre impressionnant d’œuvres qui ont été réunies pour cette exposition. Surprise également par la diversité des thèmes et des styles de l’artiste (comme quoi, même quand on croit connaître un peintre, on apprend toujours de nouvelles choses). Enfin, surprise par la qualité des œuvres. Le travail est vraiment magnifique.

Ce qui m’a le plus étonné, c’est le travail sur les matières. Le traité des drapés était juste sublime, la mise en lumière parfaite, mais alors lorsque la lumière artificielle joue sur le glacis et fait ressortir les jeux d’ombres et de lumières dans le tissu, il n’y a pas de mot pour dire à quel point certaines œuvres m’ont époustouflées.

« Les larmes de Saint Pierre » vers 1612 de Juan Bautista Maino et Luis Tristan

Le travail sur les toilettes aussi. Sur la partie du Velasquez portraitiste, on a pu admirer des parures et toilettes plus somptueuses les unes que les autres. La finesse des dentelles, des bijoux… Certaines dorures. Ici aussi, l’on pourrait parler du traitement des tissus ou des coiffures, tant féminines que masculines. La précision de trait qui marque des rides ou un œil un peu brillant. Chaque touche de glacis met en valeur de manière brillante un aspect bien particulier de la toile. Ce travail est impressionnant de précision.

Carlos Balthasar sur son poney  - 1635 - Musée du Prado - Madrid
Carlos Balthasar sur son poney – 1635 – Musée du Prado – Madri
Les ménines - 1656-1659 - Musée del Prado - Madrid
Les ménines – 1656-1659 – Musée del Prado – Madrid

Parlons muséologie. Maintenant que je n’ai pas tari d’éloges sur un artiste qui au départ ne me titille pas tant que cela, je vais parler de l’organisation de l’exposition. Et en fait, je n’ai pas grand-chose à dire, si ce n’est : bravo. La lumière était parfaite, ni trop forte, ni pas assez. Elle mettait parfaitement les œuvres en valeur, mettant en lumière certains détails parmi les plus significatifs des tableaux. Nous alternons entre des salles lumineuses et sombres. C’était très intéressant comme mise en place.

La toilette de Vénus - 1647-1651 - National Gallery - Londres
La toilette de Vénus – 1647-1651 – National Gallery – Londres

En résumé : bon comme je l’ai dit, je n’aime pas Velasquez à la base, en fait, précisément, je n’aime pas du tout la manière qu’il a de dessiner les visages. Le manque d’idéalisation me gène. Cependant, je dois admettre que cela vaut le coup d’être apprécié, rien que pour la quantité d’œuvres et la grande rétrospective que cela offre. Donc, si vous ne savez pas quoi durant la semaine prochaine, je vous conseille de courir rapidement à Paris et d’aller observer les œuvres de Velasquez et des Velasquenos.

Le cheval blanc - 1650 -  Palacio Real (Patrimonio Nacional) - Madrid
Le cheval blanc – 1650 – Palacio Real (Patrimonio Nacional) – Madrid

Finissons pas ce qui fâche : Tarif normal : 13 €, Tarif réduit : 9 €. Tous les jours, sauf le mardi de 10 h à 20 h

« Tellement de génie qu’il ne le montre même pas, disant tout simplement au monde : je n’ai que du talent, mais j’en ai sérieusement. Quelle joie ! Quelle joie ! Solide, calme, inébranlablement enraciné, peintre des peintres, à égale distance des rois et des nains, à égale distance de lui-même et des autres. »
Lettre de Nicolas de Staël à Jacques Dubourg (marchand de tableaux), 1954

Alors, vous en pensez quoi, vous ?

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