Theodora Roselyne – Chapitre 7

Si j’avais eu à expliquer ce qu’il s’était passé cette nuit-là, j’aurai été dans l’incapacité de le faire. Après l’évènement du couloir, j’avais été incapable de faire quoi que se soit d’autre que pleurer. Nate était resté pour me réconforter.

Il n’a rien dit, il était resté près de moi, en m’ouvrant ses bras, jusqu’à ce que je m’endorme enfin.

Le soleil perçait à travers les Persanes, lorsque je me suis réveillée. Nate s’était endormi, à côté de moi. Le pauvre… Il m’avait supporté toute la nuit. Je le laissai dormir, en essayant de m’extirper le plus doucement possible. Aucune réaction, ce n’était bon signe.

Mon portable sonna sur la table. Lola. Oh merde.— MAIS QU’EST-CE QUE TU FOUS À LA FIN ? hurla-t-elle quand je décrochai. Je t’ai appelé toute la matinée.

— Il est quelle heure ?

— Presque 11 h, on commençait vraiment à s’inquiéter, on est venue frapper à ta porte on n’a pas eu de réaction.

— Je dormais. J’ai eu une nuit… Difficile…

— Ça va ?

— Pas vraiment.

— Besoin de nous ?

— Peut-être bien…

Les larmes revinrent presque automatiquement. Quand la vanne est ouverte

— OK, on arrive tout de suite !

J’eus à peine eu le temps de faire chauffer un café que l’on frappa à la porte de ma suite.

— C’est quoi cette horreur, il y a eu un dégât des eaux ?

Merci d’enfoncer le couteau dans la plaie directement. J’avais vraiment besoin de ça !

— J’ai eu quelques… petits ennuis avec mes voisins de palier et une petite explication… musclée.

— Avec de l’eau ?

— C’est… compliqué.

— Oui, je vois.

Séléna darda sur moi un regard mêlé de tristesse et compassion. Elle savait quelque chose, j’en aurai mis ma main à couper. Ça se voyait dans ses yeux. Elle m’avait caché quelque chose…

— Sél ? demandai-je la voix empreinte de colère.

Elles s’assirent sur le canapé, au moment où il y eut du mouvement dans ma chambre. Je me sentis soudainement pâlir. S’il sortait maintenant, alors qu’elles étaient encore là… L’explication allait être corsée. Dans l’état actuel des choses, je n’avais rien à leur devoir.

— Il y a quelques temps, alors que je me promenais au marché à la recherche d’un nouveau sac, j’ai croisé un vieux. Il m’a foutu la trouille parce que j’avais l’impression qu’il parlait tout seul. Comme le gars que l’on avait vu qui parlait avec ses poubelles, en leur disant qu’elles étaient mal traitées. C’était pareil. Quand il m’a vu et regardé au travers de ses lunettes bizarres, j’étais dans l’incapacité de faire quoi se soit. Il m’a amené dans sa librairie et m’a fait voir un livre. Il s’est mis à briller à mon contact. Après ça, il m’a raconté une histoire abracadabrante et mon rôle à jouer dedans.

 Plus tard, poursuivit Lola, je l’ai moi aussi rencontré. J’étais en train de chercher un livre dans la librairie et le livre a réagi à mon contact aussi. Quand ça s’est produit, il est apparu près de moi et m’a aussi raconté toute l’histoire et mon rôle. Il ne manquait qu’une personne, Theodora. Qui était Theodora.

— Il l’a su quand tu es entrée dans la librairie.

Nate sortit de l’ombre de ma chambre et s’adossa au chambranle.

— Il me l’a dit dès que tu es partie l’autre jour. Tu as le même visage que ta mère et les yeux et les cheveux de ton père. Même des centaines d’années plus tard, tu es toujours leur portrait craché, continua-t-il. Ça l’a beaucoup perturbé au départ quand il t’a vu rentré. Quand la lumière du livre s’était enfin réveillée et que les pages s’étaient animées, il a su. Ça ne pouvait être que toi. Depuis tant d’années qu’il parcourt la terre à la recherche de la princesse disparue… Tu as réagi de façon très excessive une fois qu’il t’a tout dit, ce qui est normal après tout. Peu de personnes sont capables de comprendre vraiment ce genre de situation au premier regard. Il savait que tu finirais par revenir. Que le livre t’appellerait à lui. Et que ta mère n’attendait que ça pour reprendre contact avec toi.

— Depuis combien de temps êtes-vous au courant ? haletai-je de colère. Depuis combien de temps me mentez-vous comme ça, si ouvertement ? Vous compreniez ce qui se passait, vous compreniez, vous saviez et vous ne m’avez rien dit !

— On ne savait pas que c’était toi, Ely. Quand bien même, comment aurions-nous pu te le faire croire comme ça ? C’est trop énorme. Tu t’es enfui au premier signe de faiblesse, gémit Lola.

— On ne voulait pas te faire de peine, renchérit Séléna, juste que tu comprennes les choses à ton rythme.

— Elles ont raison, Ely. Te forcer à tout comprendre aurait été fatale pour toi, tu n’étais pas prête.

Sa voix me ramena à la raison.

— Et toi alors ? Tu le sais depuis le début et tu ne m’as rien dit. Je croyais que je pouvais te faire confiance.

— Et moi donc… Agent Delacroix.

— Ah ! C’est donc ça… Et sinon, comment va ta sœur ?

— Coup bas.

— Bah écoute, je me mets à ta hauteur.

— Je vous arrête tout de suite, s’interposa Lola. Il se passe quoi là ?

— C’est Anastasia O’Callagan plus connue sous le nom de Amélia Limosa, qui a été kidnappée. Autrement dit : la petite sœur de Nate, répondis-je avec le ton le plus dégagé que je le pouvais.

J’avais reçu plus tôt dans la soirée les documents que j’avais demandé aux analystes. Y apparaissait en gros, la photo de Nate, chef d’une équipe bien spéciale de l’agence. Je n’avais cependant, toujours aucun renseignement sur la colocataire où le fameux petit copain.

— Oh Mon Dieu, soufflèrent en cœur les deux filles. Et depuis combien de temps es-tu au courant ?

— Cette nuit. (Ils me regardèrent avec les yeux ronds, je me tournai vers le jeune homme 🙂 En plus, tu parles dans ton sommeil.

— Ah, c’est plutôt embêtant, en effet !

— Oui, ça tu peux le dire. Mais tu as eu de la chance, les choses trop confidentielles n’ont pas trop été révélées. Par contre, j’ai fait quelques recherches à ton sujet sur la base de données de l’agence et j’y ai trouvé des choses plutôt intéressantes. C’est bien de faire partie de la brigade du paranormal ?

— Ely, s’il te plait !

— Non, je voudrais avoir. On m’en a vanté les capacités. Beaux gosses aux charmes ravageurs, vous parcourrez le monde au nom de l’agence pour protéger les populations des attaques dites « extra-terrestres » autrement dit, des choses comme hier soir, n’est-ce pas ?

— Et toi et ton équipe. On vous dit les meilleures. Celles que tout le monde s’arrache, c’est vrai ?

— Mais tu ne réponds pas à ma question, comment c’est ?

— Ça manque de filles.

— Stop, ça suffit tous les deux, s’interposa encore une fois Séléna. Maintenant, on se calme et l’on discute posément de la marche à suivre pour retrouver ta sœur, c’est clair.

— Ils ne sont pas réellement connus pour communiquer avec les autres d’équipes. Ils n’ont pas leurs capacités. Et comme tu le vois, répondre aux questions avec des réponses claires, ce n’est pas son fort non plus.

Je n’allais quand même pas me laisser insulter, alors qu’ils m’avaient ouvertement menti ! Et même si, son regard de cocker battu me poussait à lui pardonner cet affront, je ne pouvais pas me résoudre à laisser passer une telle faute. Après tout, même si mentir fait parti intégrant de notre métier, on ne fait pas cela entre amis. Et on est ami, pas vrai ?

Sérieusement, est-ce que ça a de l’importance ? Laisse tomber cette attitude de fausse peur et ce semblant d’outrage ! Tu ne crois pas qu’il a juste fait ça pour te protéger. Voire pour se protéger lui-même d’ailleurs, sifflait ma voix intérieure

Toujours est-il que, je ne vois pas comment quelqu’un qui est sensé nous apprécier, peut-il nous cacher pendant aussi longtemps une information aussi capitale ! Et même si, en outre, moi aussi je lui avais menti, le fait que ce soit sa sœur ou qu’il surgisse tout droit de mon prétendu passé oublié, c’était quelque chose de déroutant. La question c’est : Est-ce que nos vies doivent-elles toujours se relier et se rejoindre ? Et si oui, pourquoi ?

Il faudra que je retourne très rapidement dans cette librairie pour voir ce qu’il en ait avec le grand-père. Mais aujourd’hui, alors que je me retrouvai face à tout ce que j’avais toujours désiré éviter. Je sais, au plus profond de moi-même, que je m’étais préparée à ce que ce jour arrive. À ce que j’apprends un jour que je n’étais pas celle que je croyais être. Après tout, vous en connaissez beaucoup vous, des gens qui étaient capables de faire tomber la pluie quand ils sont malheureux ou quand ils en ont envie.

Je me rappelai d’un jour, en cours de sport, il faisait un temps radieux, mais on faisait de football et l’on n’avait absolument pas envie de jouer. Avec une amie, on s’est mise à faire des ronds en chantant « hunga la pluie » et il s’est mis à pleuvoir. Et le pire dans tout ça, c’est qu’on peut se dire que ça n’a pas d’importance si ça arrive qu’une fois, mais ça s’est reproduit ! Aussi souvent que j’ai entonné cette phrase, il s’est mis à pleuvoir. Et à l’époque, j’ai trouvé ça cool parce qu’il se mettait à pleuvoir, je n’ai jamais cherché à comprendre pourquoi cela m’arrivait à moi.

Et aujourd’hui, là devant mes amis, à essayer de les comprendre, et de les écouter parler stratégies et techniques d’attaques, je n’avais qu’une chose en tête : j’ai besoin de vacances, très rapidement.

*

* *

Déplacements par ici, cachettes potentielles par là, angles de vues parfaites là-bas.

Les documents et les témoignages que l’on avait recueillis, plus ceux envoyés plus tôt dans la journée par l’agence et l’équipe de Nate nous avaient permis d’avancer assez rapidement sur le cas d’Anya.

On avait fini par tous s’entendre. Laissant nos petits problèmes de côté, nous nous sommes concentrés sur ses déplacements de la journée, ses cours, ses amies.

La seule personne qu’aucun de nous n’avait pu rencontrer, c’était la fameuse colocataire. Cependant et c’est là qu’il est pratique d’avoir un bon réseau, Édouard avait réussi de faire en sorte que nous puissions la rencontrer.

On avait donc choisi un endroit assez cosy, non loin des bureaux et dans un lieu public pour éviter tous débordements. On n’était jamais trop prudent.

Le Starbucks avenue de l’Opéra était l’un des plus bondés de Paris, mais il était toujours aussi agréable de s’y poser, certains souvenirs étaient aussi présents dans ces lieux, ce qui nous incita à y aller !

Installés avec nos mokas, nous attendions celle qui devait nous apporter les réponses tant convoitées pour enfin réussir à retrouver Amélia. Mais surtout, pouvoir potentiellement rayer quelqu’un de la liste des suspects. Ce qui était non négligeable.

Ce fut avec dix minutes de retard que la jeune fille arriva. De loin, j’aperçus une petit blonde, habillée d’un jean et d’une petite chemise rose, à l’instar de ma tenue. De près, ce n’était pas du tout la même chanson.

— Mais qu’est ce que tu fous là ?

La blague. Pourquoi ce genre de délires n’arrivait qu’à moi ? Je les attire comme la merde attire les mouches. Pardonnez l’expression.

— Ne me regarde pas comme ça, tu as cru que j’allais rester crever à la maison pendant que toi, tu te la coules douce dans le sud ?

Oh Mon Dieu, et je me faisais engueuler par-dessus le marché !

— Tu es incroyable ! Des mois qu’on ne s’est pas vue et toi, tu n’es pas capable de sortir un mot.

Les autres me regardèrent intriguer. Les filles ont reconnu Ambre directement. Ma réaction qui les a laissées de marbre.

Et moi donc !

Où était passée la gamine craintive et chétive que j’avais laissée à la maison deux ans plus tôt quand j’ai décidé de vivre ma vie pour moi et plus pour les autres ?

Ce fut à ce moment-là que la voix suave de mon beau gosse de collègue choisit pour me susurrer à l’oreille :

— Je comprends mieux maintenant ta réaction d’hier soir. Tu te mures dans le silence quand tu n’es pas capable d’assumer ta réaction. Se sont les réactions positives que tu ne peux pas montrer. Alors tu restes là, prostrée, et tu attends que se soit les autres qui se découragent. Mais, je ne me découragerais pas Ely, jamais. Sache-le.

Je dardai sur lui un regard des plus significatifs. Mêle-toi de ce qui te regarde toi !

Du coup, je ne voyais pas ce qui était le plus choquant, Ambre ou Nate. Alors, pour ne pas lui donner raison, parce que j’avais encore un minimum d’orgueil, j’ouvris la bouche avec beaucoup de difficultés.

— Salut petite sœur… Je suis là, parce que c’est mon équipe et moi-même qui nous occupons de la disparition de ton amie. La petite sœur de Nate, ici présent.

— Oui, je sais, on s’est déjà rencontré, à l’agence.

— Pardon ? Et bah, tu ne te décourageras peut-être pas, mais tu n’es pas très motivé pour dire la vérité, fulminai-je à l’intention directe de Nate.

Il me regarda en souriant, un petit air extrêmement satisfait de lui-même sur dans le regard. Petit con !

Ils passèrent les prochaines heures à m’expliquer comment ils s’étaient rencontrés, comment elle était entrée dans l’agence et pourquoi elle avait tout fait pour que je l’apprenne le plus tard possible.

C’est simple, toute cette histoire avait minutieusement été calculée par ma petite sœur éviter que je « pique une crise ». Bah oui, parce que, c’est sûr que c’est mieux que je l’apprenne comme ça. Entre les deux mensonges, je me demandai franchement lequel est le pire.

Enfin, apparemment la seule chose qu’elle n’avait pas imaginé c’est que sa colocataire puisse se faire kidnapper. Ne jamais négliger le moindre détail, c’est la première chose que l’on nous apprend.

*

* *

Édouard l’avait recruté quelques semaines après mon départ pour la ville rose. Sûrement sa manière à lui de me montrer qu’il prenait soin de ses agents. Il a dû s’imaginer que l’imbriquer dans les affaires de l’agence aurait pu lui permettre de garder un œil sur elle, afin de s’assurer qu’il ne lui arrive rien. La mettre sous surveillance aurait largement suffi !

Les deux autres s’étaient rencontrés tout simplement lors des dix-huit ans d’Anya. Ce qui me fait le plus rire dans cette histoire, ce fut le regard langoureux de ma sœur pour le frère de son amie. Et surtout de voir, à quel point il l’ignorait ! Jalousie mal placée, moi ? Sûrement pas !

Quant au reste, ma sœur n’était pas sur le terrain, merci mon Dieu, mais travaillait pour le bureau des analystes, celui-là même, qui ne m’avait pas envoyé les renseignements que je leur avais demandé sur la colocataire. Et moi qui me disais qu’Édouard avait dû faire des pieds et des mains pour réussir à nous avoir un entretien, alors qu’il avait juste à le lui ordonner. Ses connaissances lui permettaient de les aider correctement dans différents modules dont celui des langues étrangères. Elle avait toujours eu un don pour apprendre les langues étrangères, ou pour les garçons d’origine étrangère. C’est une question qui méritait plus ample réflexion ! Bee et les garçons, toute une histoire, rien à voir avec moi.

Il nous fallut plusieurs heures pour mettre au point une stratégie d’attaque digne de ce nom. Et pour ma part, tout autant de temps pour me remettre de mes émotions, trop sollicitées en ce moment, mais, c’était décidé.

Demain soir, nous irions la chercher.

*

* *

Ils nous restaient quelques heures avant de partir pour la mission sauvetage. Avec les filles, on a toujours eu l’habitude de se ressourcer avant, une opération de cette envergure. Signification : shopping, SPA et pour finir, une sieste – ou plutôt, un moment tranquille, soit entre filles à papoter de tout et de rien. Soit seule. Bah oui, parce que, même si le moment était mal choisi pour ce genre de choses et que l’otage pouvait se faire tuer à n’importe quel moment. Mais, un agent détendu est agent qui fait du meilleur travail. Et, il va sans dire qu’un meilleur travail, c’est plus de chances de revenir vivant, l’otage comme nous.

Aujourd’hui, j’avais choisi d’être seule. Je devais réfléchir à ce que je ressentais et à ma sœur. En particulier, je devais aller engueuler mon patron pour ce qu’il a fait. Je pris donc mon téléphone et composai le numéro de son poste direct.

— Édouard de la Trinité, que puis-je pour vous ? fit sa voix à l’autre bout du fil.

— Patron, claironnai-je, il faut qu’on cause dare-dare.

— Qu’y a-t-il Elena ?

— Vous aviez l’intention de me cacher combien de temps que Bee faisait partie de l’agence ?

— Je ne faisais que satisfaire sa demande.

— À d’autres. Depuis quand avez-vous des comptes à rendre à vos agents ? Vous n’auriez pas pu me le dire, ça m’aurait évité les bonnes surprises de la journée.

— J’en suis désolé, croyez-moi.

— Ce que vous pouvez m’exaspérer parfois. Bref, des nouvelles des kidnappeurs ?

— Toujours aucune, mais je vous le ferai savoir au plus vite, n’ayez crainte.

— C’est fort aimable. Bonne soirée, patron

— Vous de même.

Je sortis de la douche, et tout m’enveloppant dans une de leurs serviettes moelleuses, je repensai à ce que m’a susurré Nate à l’oreille. Il savait des choses sur moi et sur mon passé que je n’osais même pas encore imaginer. Il comprenait la plupart de mes soupirs et de mes prises de tête et arrivait à lire en moi comme dans un livre ouvert.

Et moi ? Je fais quoi face à ça ? Je le laisse faire de moi une fille faible et amoureuse ? Ou je réagis et je mets mon petit grain de sel dans cette histoire ? Eleonore m’a dit l’autre jour que je n’ai pas changé d’un pouce, c’est peut-être pour ça, il se sert de ses souvenirs ?

Toujours est-il que, je me préparai à me vautrer sur le canapé pour regarder une série bidon quand je me rendis compte que, je n’étais pas la seule dans mon salon.

— Je peux savoir comment tu es entré ici, ça fait longtemps que tu m’écoutes râler ? Tu imagines si j’étais sortie de la salle de bain à poil, demandai-je alors à mon visiteur.

— J’ai un pass pour toutes les chambres louées par l’agence. Je t’ai en effet entendu râler et je me suis d’ailleurs demandé si en fin de compte tu n’étais pas complètement tarée. Et, ça ne m’aurait pas plus dérangé que ça de te voir nue.

— Comme cette réponse ne m’étonne pas. Pré-vi-sible !

— Je dirais plutôt flatteur.

— Qu’est-ce que tu me veux ?

— Il faut que l’on parle.

— Je n’en ai pas envie.

— Tu n’as pas le choix, Ely. Pose tes jolies petites fesses ici, que l’on discute.

— Tu me laisses le temps de m’enfiler un truc, ou il faut en plus que je garde ma serviette.

— Je ne suis pas sûr que tu veuilles entendre ma réponse. Alors file.

Je dardai sur lui un regard que je voulais des plus méchants, à en faire fondre un glaçon, et partis en direction de ma chambre. Je sentis son regard me bruler le dos, alors que j’accentuai les ondulations de mes hanches. J’enfilai en quatrième vitesse ma tenue de mission, une tenue sombre et près du corps qui épousait parfaitement mes formes et me permettait de bouger sans aucun problème. Elle était aussi anti-rayons en tout genre, et pare-balle dans la mesure du possible, technologie schulmeisnienne.

— Très jolie.

— Pas de commentaire ! Bon alors, qu’est-ce qu’il y a Nate ?

— Il faut que l’on parle… De ce que je t’ai dit tout à l’heure. Et de la façon dont ça s’est déroulé. J’aurais aimé vraiment que ça se passe différemment. Du coup, je voudrais te montrer quelque chose.

— Me montrer quoi ?

— Un évènement qui s’est déroulé dans le passé. Mais qui j’espère aura toujours autant d’importance aujourd’hui.

— Mais encore ?

— Je ne peux pas t’en dire plus. Il y a quelques heures, quand je me suis réveillé à tes côtés, j’ai eu l’impression que ce n’était pas réel, que les choses n’étaient jamais vraiment deux fois les mêmes. On ne peut pas répéter plusieurs fois les mêmes erreurs, ou comprendre les choses différemment. Pourtant, quand je t’ai vue, la sortant de ta salle de bain au naturel, réagir avec une telle fougue. Je n’ai pas réussi à me raisonner.

» Les choses se déroulent toujours pour une bonne raison Ely. Rien n’est jamais dû au hasard, surtout avec nous. On aurait pu vivre encore longtemps sans réellement savoir qui l’on est. Ce n’est pas nous qui décidons de ce genre de choses. Et pourtant, j’estime que l’on est maître de notre destinée. Elena, en apprenant qui tu es vraiment et en l’acceptant, tu viens de faire un premier pas vers la restauration de notre monde. Ceux pour quoi nos pères se sont tant battus, va peut être pouvoir renaître grâce à toi…

— Et toi dans tout ça, Nate ? Toi, quel est ton rôle ?

— Moi ? Je suis à tes côtés, depuis toujours, et à jamais.

Aussi simple que cela…

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