Ecriture·Theodora Roselyne

Theodora Roselyne – Chapitre 8

Il était dur d’accepter une déclaration comme celle-là surtout pour une fille comme moi.

Mais maintenant, alors qu’il se tenait là, en face de moi, prêt à me montrer les plus intimes parties de ses souvenirs, je ne sus que faire. Ainsi, quand il m’embrassa et me transporta dans ce que je pensais être l’univers onirique duquel ma mère tirait tous ses pouvoirs, je m’accrochai à lui comme si ma vie en dépendait.

*

* *

Il détacha petit à petit ses lèvres des miennes. Sous la tendresse de son regard, mes jambes se firent molles comme de la guimauve. Je devais absolument dire quelque chose pour détendre l’atmosphère. C’était bien trop tendu à mon goût.

— Où sommes-nous ?

— Dans le livre.

— Pourquoi ?

— Il faut que je te montre quelque chose. Ça s’est passé quelques heures après ta présentation officielle.

— Tu y étais ?

— Évidemment.

Ses yeux pétillèrent.

— Et bah, montre-moi tout ça alors !

— Viens, suis-moi.

Il me prit par la main et l’espace d’une nano seconde, on se retrouva devant l’enceinte du château de la Roseraie

Vu de l’extérieur, c’était une bâtisse imposante, tout en blanc. De grands jardins et parterres de fleurs, l’entouraient. Les tours principales et les murs étaient recouverts de rosiers grimpants. Les allées étaient bondées de sujets affairés à rejoindre leurs voitures, accompagnés des domestiques du château. De toute part, on entendait les hommes vanter la beauté de la princesse et les femmes les accompagnants la jalouser.

— Tu vois, ils ne parlent que de toi. Tu ne sais pas l’influence que tu pouvais avoir en ce temps-là. Tout le monde voulait être avec toi.

— Et tu en faisais partie ? plaisantai-je.

— Je n’avais pas besoin d’en faire partie, tu n’as jamais su me résister. La preuve !

— Toi, ce n’est pas la confiance en toi qui t’étouffe, tu le sais ça ?

— Je me le dis tous les jours !

Nous continuâmes de marcher, dépassant au fur et à mesure, toutes les personnes qui rentraient.

— Anastasia où est encore passé ton frère, râla un vieillard. Quelqu’un a vu le Prince De Creil ?

Nous traversâmes la cour principale pour nous retrouver dans les écuries.

Au loin, j’aperçus qu’une personne s’y cachait. Je la reconnus à la tête que fit de Nate lorsqu’il l’aperçut. Évident, quand une chose se voit comme le nez au milieu de la figure !

Je lui donnai un coup de coude dans les côtes, l’air de dire : « Coucou, je suis là » auquel il répond par un sourire et un bisou sur la joue. Il faut dire ce qui est, elle était vraiment magnifique.

De longs cheveux bouclés rassemblés dans un chignon. Sa une tenue d’équitation était dissimulée sous une robe ample. Et ses yeux verts, comme les miens, reflétaient tristesse et force. Tout cela rassemblé dans un corps fin et plutôt élancé.

C’était moi, j’en étais intimement persuadée maintenant. Je ne pouvais cependant m’empêcher d’être jalouse de l’attention qu’il lui portait. Comment se détacher à sa contemplation ? Jusqu’au moment, où, pris d’une affection que je considérai comme due au souvenir de cette fille, il me prit par la hanche et me susurra :

— Regarde bien ce qu’il se passe maintenant. Mon cœur, tu vas enfin comprendre.

Je lui lançai mon fameux regard sceptique. Mon cœur ? C’est la fête du slip ou quoi ?

Un jeune homme arriva alors dans l’écurie, un beau, très beau jeune homme. Grand et pratiquement blond, ses yeux bleus ressortaient comme l’océan. Je le regardai passer comme fascinée. Maintenant, je comprenais. Ce n’est pas de ne pas trouver l’amour dont avait peur la princesse, mais de perdre le sien.

Le voilà son grand amour, voilà le pourquoi du comment. Voilà pourquoi il me connaissait si bien. Je regardai Nate qui me couvrait d’un regard tendre. Je n’avais pas le droit de craquer. Je n’avais pas le droit de montrer qu’à moi aussi, ça fait quelque chose. Ce serait bien trop simple, pour lui, comme pour moi.

Il faut être inaccessible : INACCESSIBLE !

On dit bien que l’amour est plus fort que tout. C’est exactement ce que je ressentis en voyant ses deux amants se retrouver dans les écuries loin de tout le monde.

— Qu’est-ce que tu fais là ? lui demanda-t-elle.

— Je suis venue voir comment tu allais, vu la vitesse à laquelle tu t’es enfuie on aurait pu que ton jupon était en feu. Je sais que tout cela t’ennuie, mais essaie de faire au moins preuve de patience et de respect du protocole.

— Non pas que cela me gène, mais je n’arrive pas à me résoudre à dire « oui » à quelqu’un.

— Theo…

— Pas pour l’instant, Léandre. De toute façon, je ne sais pas comment ma très chère mère pourrait réagir au fait que sa fille ne soit plus aussi innocente qu’elle le voudrait !

— Comment pourrait-elle réagir, à part être heureuse pour sa fille ? Tu fais ton bonheur et tu réponds à ses attentes. Que pourrait-il te falloir de plus ?

— Jure-moi, jure-moi que rien ne changera… Qu’on sera toujours tous les deux !

Il lui prit la main, et lui caressa le visage.

— Je te le jure, quoi qu’il arrive…

Les larmes coulèrent de sur sa joue. Elle espérait de tout son cœur qu’un jour, ils pourraient enfin être ensemble. J’en avais moi aussi le cœur gros de les regarder. Certes je ne gardai aucun souvenir de cette partie de ma vie, mais cela ne signifiait pas pour autant qu’ils ne me touchaient pas. L’amour interdit, la romance cachée, ça touchent n’importe quelle fille, non ?

Et, alors que le jeune homme partit de l’écurie pour rejoindre sa famille qui l’attendait pour repartir, une autre jeune fille apparut alors sur le seuil. La petite blonde la regardait et malgré son plus jeune âge, ses yeux remplirent la princesse d’une tendresse que j’avais déjà vu dans le regard d’une personne : ma propre sœur.

— S’il te plait, Constance, pas un mot de ce que tu viens de voir n’a qui que ce soit, implora Theodora.

— Qu’est-ce que ça pourrait bien m’apporter de te faire ça ! Je veux que tu sois heureuse. Et si c’est avec lui alors, qu’il en soit ainsi. Mais il a raison, il faut que vous officialisiez tout cela très vite avant qu’il ne se passe quelque chose de très fâcheux, que tu ne puisses pas contrôler. Peu importe la force que tu pourras dégager, face à une décision de la Reine, tu ne peux absolument rien.

— Je le sais bien, crois-moi, mais là, je ne peux pas. Pour l’instant, il y a quelque chose qui m’empêche de faire quoi que se soit.

— Mais pourquoi ? Tu l’aimes et il t’aime, ça crève les yeux. Alors pourquoi tu poses tu encore tant de questions ?

Elle détourna les yeux quelques secondes.

— J’ai peur qu’une fois que tout cela soit officiel, tout perde de son importance et que ce que l’on ressent l’un pour l’autre ne s’efface…

— Tout ce que tu crains risque d’arriver si tu ne fais rien pour le retenir. C’est un des partis les plus prisés du royaume. En outre, je doute que le fait que vous vous juriez amour éternel ne change grand-chose, vu ce qu’il vient de te dire.

— Tu as tout entendu n’est-ce pas ?

— Absolument tout ! Je voulais venir te dire que Mère était en colère que tu te sois enfuie comme ça, encore une fois. Et qu’elle voulait te voir au plus vite. Je te suggère vivement de lui expliquer que si tu t’es enfuie c’est pour aller le voir lui. Tu pourrais temporiser la réaction qui risque d’être violente.

— Ah, très bien, j’y vais. Et, merci du conseil… Petite sœur.

— Je t’en prie.

Elle prit sa sœur dans ses bras. Un amour fort liait ses deux jeunes femmes, exactement comme celui qui me liait à ma sœur. Il est vrai que maintenant, je comprenais beaucoup de choses à cette relation si particulière que j’entretenais avec Ambre. Si les choses se répétaient dans cette vie et ma vie actuelle, j’avais peur de connaître ce qui m’était réservé, surtout sachant que j’étais morte assassinée.

Sans réelle concertation, nous décidâmes de suivre Theodora pour son futur l’entretien avec sa mère. Elle avança d’un pas décidé dans les couloirs du château, jusqu’aux deux grandes portes que j’avais pu apercevoir dans ma première visite dans le livre, celles que j’avais identifiées comme étant l’entrée des appartements de la Reine.

Nous entrâmes avec elle, persuadés que de toute façon la Reine ne pourrait pas nous voir.

Elle était effectivement en colère.

— Est-ce que tu imagines, une seule seconde dans quelle situation tu m’as mise, en fuyant ainsi ? Est-ce que ton cerveau de petite écervelée à un seul instant réfléchi a cela ?

— Je m’excuse, mère.

— Oui, tu peux, en effet. J’ai dû mettre tout le monde dehors au bout de deux heures à te chercher partout. Qu’est-ce qu’il t’a pris ? D’ici à quelques jours, je vais devoir te marier et puisque tu ne prends pas les choses en mains, je t’ai trouvé quelqu’un.

— Pardon ? Mère, non ! Je vous en prie, tout, mais pas ça !

— Tu ne me laisses pas le choix ! Ton attitude me montre à quel point tu es encore immature. Je te présenterai ce jeune homme dans la soirée, il est resté là.

— Non, je vous en prie… Je…

— Arrête de discuter maintenant !

— Mère ? Écoutez au moins ce qu’elle a à vous dire. Cela pourrait sûrement changer les choses, intervint alors Constance.

En la regardant, je sus exactement à qui ma sœur ressemblait tant… Elle était le portrait craché de sa mère…

— Constance ! Ne te mêle pas de cela s’il te plait. C’est une affaire entre ta sœur et moi. Si elle veut prendre les rênes de ce royaume, il va falloir qu’elle prenne ses responsabilités.

— Justement, ma Reine, je vous en prie, écoutez ce que Theodora veut vous dire…

Elle regarda alors sa grande sœur, l’incitant par de grands regards très peu discrets de lui dire tout ce qu’il de passait avec le prince Léandre de Creil

— Très bien Theodora, dis-moi tout !

— Je… Je ne sais pas par où commencer. C’est… assez compliqué…

Encore un regard vers la princesse qui, bienveillante, fit tout son possible pour soutenir sa grande sœur, qui se jeta enfin dans le grand bain.

— Mère, si je ne veux pas que vous organisiez tout ce cinéma autour du mariage, c’est que je n’ai pas besoin de trouver quelqu’un…

— Continu !

— Parce que… J’ai déjà trouvé cette personne.

Le regard de la Reine passa en un éclair de l’agacement à l’étonnement. Elle essaya tant bien que mal d’attraper l’accoudoir du fauteuil qu’elle avait derrière elle pour ne pas tomber à la renverse.

— Oh, mon Dieu, voilà donc la raison de tout ce mystère autour du mariage. Et pourquoi ne me l’as-tu pas tout simplement dit la dernière fois que l’on en a parlé ?

— Parce que je ne savais pas comment vous réagiriez. J’avais peur…

— Il va donc falloir que j’aille dire au jeune homme qui t’attend dans la pièce à côté que tu n’es plus disponible maintenant… Attends une minute… Pourrais-je au moins savoir de qui il s’agit ?

— Léandre de Creil.

— Ah ! Je vous ai toujours trouvé très proche tous les deux. C’est un jeune homme tout à fait approprié. De bonne famille, intelligent et de bonne compagnie. Néanmoins, légèrement coureur de jupons, n’est-il pas ?

— Non Mère, intervint Constance, du moins plus depuis qu’ils se côtoient.

— Depuis qu’ils se… quoi ? Tu étais au fait de cette relation ?!

— À vrai dire, Mère, je le suis depuis le début, répondit la princesse. Ils ont toujours été extrêmement proches tous les deux et je me doutais qu’il arriverait quelque chose comme ça un jour ou l’autre, c’était tellement prévisible !

— Pourquoi m’avoir caché une telle chose, mesdemoiselles ? Cela nous aurait évité bien des ennuis. Et des disputes. Je dois dire que cela me chagrine que vous n’ayez pas assez confiance en moi pour me dire ce genre de choses. Je n’aurai pu qu’être heureuse pour toi, voyons !

— Vous savez très bien que je ne suis pas du genre à me confier mère.

 Sauf, quand il s’agissait de ton père…

— Maman, s’il vous plait, n’allons pas sur ce terrain. Je ne veux pas en rediscuter.

— Très bien. Sache simplement que je trouve dommage que tu ne veuilles pas te confier à moi ! À l’inverse de ta sœur…

— Mère, s’écrièrent les deux sœurs en cœur.

— Bien, bien… Alors, ainsi soit-il ! J’irai voir Guilhem dès demain matin pour tout mettre en œuvre. D’ici là, je te prie de bien vouloir te reposer. Des semaines difficiles et stressantes vont bientôt arriver ! Mais ne t’en fais pas, tout ira bien, je m’occupe de tout !

Elle eut dans les yeux une lueur enfantine. Comme le signe avant-coureur d’un amusement tant espéré depuis longtemps. Oui, c’est cela, elle se réjouissait d’avoir enfin un mariage à organiser, quelque chose qui différait de son quotidien morne à souhait et de ses activités royales habituelles !

Le verdict était tombé, la réaction que la jeune femme redoutait tant s’était avérée celle de la fierté plus que de la colère. Elle allait pouvoir être avec l’homme qu’elle aimait. Mais pourquoi avais-je cette impression que tout était beaucoup trop simple ? Qu’elle ne pouvait tout simplement pas être heureuse aussi facilement ! Il devait forcement lui être arrivé quelque chose, une chose qui poussait sa mère à être beaucoup plus clémente qu’elle ne l’aurait été normalement.

Le regard tourné vers Nate, je me demandai si lui s’en souvenait. Est-ce qu’il savait vraiment tout ce qu’il s’est passé des centaines d’années plus tôt ? Est-ce qu’ils ne savaient tous ? Lola, Séléna, Ambre ? Étais-je la seule à ne me souvenir de rien ?

La vision de la princesse radieuse et de la famille heureuse commença à s’estomper. Petit à petit, je ne distinguai plus que des masses flouent… Nous retournions dans notre monde.

Quelques secondes plus tard, nous étions de retour dans ma suite. Je me détachai de Nate et allai m’asseoir rapidement sur le canapé Ottoman. Et, afin de ne pas montrer mon émotion (une fois de plus), je plongeai ma tête dans un des cousins disposés dessus.

Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel à la fin ? Pourquoi étais-je la seule qui n’arrivait pas à m’ancrer dans la tête qu’il allait falloir que je commence sérieusement à étudier mon passé ? Je sentais les yeux du beau garçon se poser sur moi, mais j’étais dans l’incapacité de soutenir son regard. Il savait trop de choses, me comprenais beaucoup trop vite, lisait en moi comme dans un livre ouvert. Je n’étais pas prête pour ce genre de relation, pas encore.

Plus tard encore, après avoir compris que de toute manière je n’arriverai pas à bouger de mon canapé avant plusieurs heures, il vint se poser à mes côtés, me pris dans ses bras et me berça presque comme une enfant. En faisant cela, il réussit à me prendre le visage et à le coincer de manière à m’obliger à le regarder dans les yeux. Ses yeux étaient toujours aussi beaux. Je commençai enfin à comprendre le mystère de ce garçon.

Il savait depuis le début qui j’étais et comment me prendre parce qu’il se souvenait de tout, depuis bien plus longtemps que moi. Moi qui commençais peine à retrouver mes souvenirs… Comment pouvoir faire face à quelque chose comme celle-là ? Allais-je devoir apprendre à me souvenir ou rester sur l’avis que j’avais de lui maintenant et non pas celui qui m’insufflait mon alter ego ? Elle qui avait l’air de tant l’aimer et d’avoir une opinion sur les gens bien tranchée ! Si vraiment j’étais comme elle, ce devait être un sacré phénomène cette princesse. Theodora Roselyne, la Reine des emmerdeuses !

Quoi qu’il advienne, j’allais devoir faire avec, parce qu’à mon humble avis, je ne risquais pas de me séparer de mon nouveau « compagnon » aussi rapidement. De toute façon, qui dit que j’en avais envie ? Je me sentais bien moi, avec un charmant jeune homme à mes pieds.

C’est vivifiant !

— Et bah, ce n’est pas trop tôt ma poule. Tu te décides enfin à te bouger le cul, à prendre le taureau pas les cornes… Enfin, les cornes, on se comprend ma chérie, hein ? Ahahah…

— Ouais, et ce n’est pas grâce à toi. J’ai fait tout mon possible pour vivre loin de toi ces dernières années ! Je n’ai pas l’intention de flancher encore une fois ! Maintenant, oui, j’ai peut-être le dessein de me laisser aller avec lui. De toute façon, si j’ai bien compris je n’ai pas réellement le choix.

— Tu crois ou tu en es sûre ? Avoir un jeune homme aussi séduisant à tes trousses c’est bien non ? Mais sache que quoi qu’il arrive, rien ne pourra vous séparer. Vous serez irrémédiablement attiré l’un vers l’autre. Comme des aimants. C’est inscrit dans vos gènes depuis la nuit des temps. Vous êtes deux étoiles dans le ciel, deux astres, deux vies qui amènent à la vie. Quoi qu’il arrive…

— Qu’est-ce que tu sais que j’ignore ?

— Ton passé, chérie. Ton passé…

Le temps était contre moi apparemment. Maintenant que j’étais sûre que mes souvenirs étaient bel et bien enfouis quelque part dans les méandres de mon inconscient. Je finirai obligatoirement par trouver le moyen de dégager le blocage qui me menait à eux. Un jour viendra, je le savais, je pourrai dire aux autres, « il s’est passé ça ». Et même si pour l’instant, je restais une pauvre cruche par rapport à eux. Viendra un temps, où j’aurai moi aussi le droit à mon heure de gloire.

Souvenirs, souvenirs… Pourquoi me faut-il autant souffrir pour vous découvrir ?

Au regard de ce moment si silencieux qui j’ai partagé avec moi-même, le regard de Nate se fit de plus en plus insistant.

— Désolé, je… réfléchissais…

— J’avais cru comprendre. C’était comment ?

— Tout dépend de la personne que tu as en face de toi.

— La personne ?

— Ouais, c’est compliqué ! Disons que… Pour être tout à fait honnête avec toi, à une époque, je me comportais comme une… salope… Désolée, mais là, il n’y a pas d’autres mots pour décrire la chose. J’ai beaucoup souffert à cause de certaines personnes, chose dont tu es maintenant au courant et après cette période de ma vie, j’ai décidé de faire la même chose aux gens qui le méritaient. Je me suis donc transformé en cette… femme, qui m’a attiré beaucoup de problèmes. Je l’ai après enfoui au plus profond de mon subconscient en espérant qu’elle ne ressorte jamais, sauf que… Depuis quelque temps, avoir un point de vue comme celui-là m’aide.

— Tu es vraiment bizarre, j’espère que tu le sais !

— Oui, je le sais.

— Et, en quoi ça peut t’aider ?

— Pour faire court, elle sait des choses qui sont enfouies dans mon cerveau. Comme mes souvenirs…

Il recala sa tête contre le dossier du canapé.

— Ça t’obsède, n’est-ce pas ?

— De ?

— Ne pas te souvenir. Être incapable de dire, ce que tu as fait dans ta vie antérieure.

— Ce que je ne supporte pas, c’est d’être dépendante de quelqu’un pour quelque chose qui me concerne.

— Et c’est mal parce que ?

— Parce que, si un jour tu n’es plus là, je ne pourrai pas me débrouiller seule.

— Ah ? Et tu crois vraiment que je vais rester avec toi ?

— Oui, sinon ça voudrait que la première opinion que j’ai eue de toi, celle contre laquelle tu t’es battu pour me prouver que j’avais tord, était fondée. Et tu ne voudrais pas quelque chose comme ça, n’est-ce pas ?

— Tu es une manipulatrice, hors pair !

— Je sais ! Mais, avoue que c’est ce qui t’a fait craquer !

— Ouais, j’ai toujours eu un faible pour les tarées qui s’évanouissent dans la salle de travail de mon grand-père.

— Espèce d’ordure !

La tension entre nous avait enfin fini par descendre. Il n’y avait plus aucune trace de cette animosité qui nous animait tout à l’heure. Maintenant que les choses avaient été mises au clair, presque plus rien n’aurait pu nous séparer.

Presque.

Toujours est-il que, d’ici quelques heures nous serons tous dans de beaux draps. Essayer de retrouver une adolescente prisonnière dans une petite ville de banlieue, une drôle de plaisanterie… Et qu’avec le peu d’informations que l’on avait sur le lieu où elle était gardée prisonnière, nous n’arriverons pas à grand-chose.

Bien sûr, j’ai énormément bossé sur le sujet pendant que tout le monde s’octroyait un petit moment de détente bien mérité. Je n’ai jamais été capable de ne rien faire pendant une mission. La preuve. Et puisque maintenant, les dés étaient jetés , je ne pouvais pas m’empêcher d’avoir un très mauvais pressentiment.

Quelque chose n’allait pas.

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