Les complaintes d’un auteur perdu.

899460-lundi-plus-22-000-participantsJe n’avais pas fait d’article écriture depuis un petit moment, je ne trouvais pas forcément le temps d’écrire ces derniers temps. Un chapitre par mois ne me semblait pas être un résultat très probant pour quelqu’un qui souhaite envoyer son roman fini et corrigé en maisons d’édition avant la fin de l’année.

Mais voilà, sur Twitter, je suis tombée sur l’article très polémique sur les blogueuses et leurs relations avec l’auto-édition. Loin de moi l’idée de tergiverser là-dessus, ce débat est stupide et stérile. Chacun est libre de ses propres choix. En revanche, cela m’a donné l’envie de créer pour une fois, un article de fond. J’ai eu envie de vous parler un peu plus de moi et de ma relation à l’écriture, parfois conflictuelle mais la plupart du temps passionnée. 

Quand je me suis lancée, il a quelques mois maintenant dans ce blog, je ne pensais pas vraiment avoir le moindre succès (toujours cet éternel problème de confiance en moi). Je postais cependant, des extraits d’un de mes anciens romans en me disant que l’on ne sait jamais, peut être que ma prose pourrait plaire à quelqu’un dans ce bas monde. Et j’ai compris que, malgré ses nombreux défauts, mon immaturité flagrante au moment de sa rédaction, qui oui, ce que je faisais pouvais plaire. Ça a été un soulagement incroyable. Pour être honnête, je n’avais jamais fait lire ce que j’écrivais à qui que se soit, c’était mon grand secret, presque une grande honte. Comment pouvait-il en être autrement ? Rares étaient autour de moi, mes amis aimant la lecture autant que moi. Comment auraient-ils pu accepter que pendant qu’ils jouaient à la console moi, je préférais, à douze ans, écrire des romans, la nuit dans ma chambre ?

BabelAujourd’hui, alors que je me suis lancée dans un nouveau projet d’écriture en espérant qu’il serait viable pour dans six mois, je m’étais imaginée que cette expérience avec mes lecteurs me donnerait des ailes et me permettrait d’écrire plus facilement, maintenant qu’une partie de mes peurs et de mes doutes s’étaient envolés. C’était sans compter son mon cerveau fêlé… Bien sûr, j’ai réussi à améliorer la qualité de ma prose mais à quel prix ? Aujourd’hui, je me rends compte que je n’écris plus mes petites histoires seulement pour moi et pour mon usage personnel, non. J’écris aussi pour ceux qui me lisent, j’écris pour eux, pour qu’ils se plaisent et voyagent avec mes personnages, et en faisant cela, je me mets une pression que je n’avais pas avant. Une pression avec laquelle j’ai beaucoup de mal à vivre.  Je me dois d’offrir quelque chose de qualité, qui ne ressemble pas à tout ce que l’on a pu voir jusqu’à maintenant. Les schémas du genre ont beau être connus et reconnus, cette peur me ronge de l’intérieur et m’empêche de travailler de manière efficiente à mes écrits. Et ça me déçoit beaucoup. 

En fait, cela me déçoit surtout pour vous, et pour cette promesse que j’ai faite et que j’ai peur de ne pas pouvoir tenir…

Quand je parle de mon rapport à l’écriture, j’ai bien du mal à mettre un mot sur ce que je peux ressentir. C’est passionnel, il n’y a aucun doute à cela. Quand je n’écris pas, je m’imagine tellement de choses, je vis dans un monde qui n’est pas le notre, quitte ne pas faire la différence entre la réalité et ma fiction. Parfois, j’ai l’impression de me perdre. Mais, je me dis que c’est ce qui fait de ma prose, un univers unique en son genre, né d’un mélange entre ma vie, mes lectures, mes expériences, mes peurs et mes regrets. Je mets un peu de moi dans chacun des mots que je couche sur le papier.

Et je vous parle de tout cela pourquoi au juste ? Parce qu’en un sens je suis en colère, je suis en colère que l’on réduise simplement le travail d’un auteur à son édition (quelle soit libre ou pas une maison d’édition). C’est tellement plus que cela. Très bien, il s’agit peut-être de la concrétisation de tout ce que l’on a fait, de notre travail acharné pendant des mois ou des années. Mais justement, on ne devrait pas valoriser le travail d’un auteur juste parce qu’il a été publié, mais on devrait le félicité d’avoir réussir à terminer un ouvrage, avec toutes les contraintes que cela implique. D’avoir vaincu la page blanche, avoir pu écrire chaque mot, d’avoir vaincu les périodes de doutes et de désespoir. La persévérance d’un auteur est surement l’un de ses plus grands talents. Nous ne sommes pas tous des Stephen King à parvenir un pondre un roman génial en quelques mois. Nous n’avons pas tous le temps, de nous consacrer à cette passion parfois dévorante tous les jours comme on devrait normalement le faire. Quand j’arrive à écrire une fois par semaine, je me dis que j’ai de la chance.

Typewriter with paper scattered - conceptual imageJe suis en colère parce que les gens se permettent de juger quelque chose de tellement personnel et unique, sans en connaître les tenants et les aboutissants. Mais ils jugent et critiquent, comme s’ils étaient dans leur droit ! Et d’ailleurs, n’est-ce pas typiquement français ? Nous sommes blogueurs, notre boulot c’est de critiquer, vous me direz… Très bien, je vous l’accorde. Personnellement, je critique une histoire selon mes goûts, mes appréciations et mes sentiments, et je le dis d’ailleurs assez souvent pour éviter de froisser quelques âmes sensibles. Mais en aucun cas, je ne me permets de critiquer le travail d’un auteur, le temps qu’il a passé à travailler sur son oeuvre. Je connais que trop bien les problèmes qu’ils peuvent rencontrer pour me permettre, ne serait-ce qu’une seule petite seconde de le faire. Et, je trouve injuste, que certains se permettent des jugements de valeur, sans connaître l’envers du décor.

Cet article c’est un peu transformer en coup de gueule, je l’avoue. Au départ, je voulais vous parler de moi, vous proposer de pourquoi pas, poster le premier chapitre de mon nouveau projet, quitte à spoiler un peu. Je voulais vous parler de mon ressenti face à mon manque de temps à consacrer à l’écriture, mais aussi peut-être à mon manque de volonté, ma peur panique de l’échec, cette question atroce du « Et si ça ne leur plaisait pas ? » qui m’empêche d’avancer correctement. Je voulais traiter de mes peurs, mes doutes et toutes ses choses qui m’empêchent d’écrire et qui me poussent dans les livres à essayer de trouver la recette miracle pour vaincre tout cela. Je ne l’ai pas. J’ai beau la chercher, je ne la trouve pas. Alors, j’imagine qu’il n’y a personne d’autre que moi, qui puisse faire ce travail-là à ma place. Trouver le courage de vaincre mes peurs et de prouver au monde entier que je suis capable de finir mon roman et de l’envoyer à des maisons d’édition quitte à essuyer des refus.

Je vais tenir cette promesse. 

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8 réflexions sur “Les complaintes d’un auteur perdu.

  1. Je trouve ton article très intéressant et… émouvant…
    Oui c’est ça, émouvant.
    Su bien des sujets je ne peux qu’être d’accord notamment sur le rapport à l’auto-édition. Pour moi réussir à terminer un roman (quelqu’en soit la qualité là n’est pas le sujet) c’est déjà à mon sens quelque-chose d’exceptionnel. Et que ceux qui dévalorisent ce travail sans tenir compte du temps qu’y a passé celui qui l’a écrit, je trouve cela tellement limite que je n’ai même pas envie d’en parler.
    Enfin bref, ton article m’a interpellé dans le bon sens et je suis entièrement d’accord avec toi! Et oui! il faut envoyer ton roman a une maison d’édition et peut-être que tu essuieras des refus, mais cela n’aura pas forcément quelque chose à voir avec la qualité de tes écrits (JK ROWLINGS s’est fait jetée 6 fois 😉 )….

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  2. Ce n’est jamais évident de trouver le juste milieu. On se laisse happer par le quotidien et en oubli ce qui est important pour soi, un moment de lecture, un moment cinéma ou juste d’écriture. Mais il faut que ca soi pour toi avant tout et après pour les autres.

    Les goûts et les couleurs ca ne se discute pas, t’aime ou t’aime pas, mais il est vrai que juger une histoire est différent de juger un auteur, je te rejoins sur ce point. Certains se permettent de juger sans savoir et je trouve ca bien triste.
    Mais tu sais ce que tu vaux, tu sais que tu as mis tout ton cœur dans cette histoire et que tu as préféré te plonger dans l’écriture d’un chapitre plutôt qu’un ciné et ca c’est le plus important.

    Biz a toi et courage ^^

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    • En fait, je crois que ce qu’il me dérange le plus c’est d’en avoir envie et de ne pas avoir le temps de le faire. C’en est presque douloureux !
      Mais tu as parfaitement, je devrais toujours écrire pour moi et non pour les autres, c’est à moi que ça devrait plaire en premier.
      Merci pour ce message 🙂

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  3. Toute cette histoire a éclaté quand un auteur a écrit un article pour faire une liste noire des blogueurs qui ne chroniquent pas les auto-édités.
    Je trouve dommage que, d’un côté, certaines personnes ne laissent pas leur chance aux auteurs, et de l’autre côté, des auteurs qui ne comprennent pas que c’est un loisir pour les blogueurs, et qu’il est donc normal qu’ils choisissent leurs lectures.
    Pour ma part, il m’arrive d’accepter de lire certains livres auto-édités, mais c’est uniquement si le résumé me plaît, et que l’auteur ne semble pas avoir fait un copier-coller de son message, avec qui le feeling passe bien.
    Enfin, n’oublions pas que tout le monde ne possède pas une liseuse numérique 😉

    En tout cas, je te souhaite une bonne continuation ^^

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