Ecriture·Les Héritiers des Etoiles

Les Héritiers des Etoiles – Prologue

Les fondements du plus grand best-seller au monde nous racontent l’histoire suivante :

« Quand Dieu créa les anges, sa première création, avant même que le monde soit, il créa des êtres à son image et les réparties en plusieurs catégories : des combattants, des messagers… L’un d’entre eux, un chérubin, un ange du premier chœur céleste, ceux qui sont le plus proches du Seigneur, était l’un des plus aimés, il s’appelait Lucifer qui signifiait « Le Porteur de Lumière ». Dieu l’appréciait tant qu’il le chargea de la musique. Telle était sa charge, tel était son devoir : le plus grand et le plus beau des anges, rendait gloire à l’Eternel en chantant Ses louanges par le biais de la musique.

Il était couvert de pierres précieuses marchant seul sur la Montagne sacrée, devenant le chef incontesté de cette cour, se pressant émerveillée autour de l’insondable pénombre entourant le trône de Dieu. Il était celui qui répercutait la lumière divine autour de lui et révélait par sa sublime et inégalable intelligence, les secrets divins dont il était le seul à comprendre les fondements.

Dieu créa les anges, sa création spirituelle : des êtres faits d’Esprit. Puis il créa l’univers, les animaux et enfin sa plus belle création : l’homme, sa création matérielle. Ce faisant, Il a insufflé la vie à des êtres incapables de reconnaître Sa présence. Un concept qui les anges avaient du mal à saisir : un être hybride capable de s’élever vers les sphères célestes, mais prisonnier d’un corps de chair. Un autre être fait à son image, mais un être libre, capable de libre arbitre, de sentiments…

Le corps Angélique s’étonna de la survie d’un être aussi particulier. La chair entraînant l’homme vers le bas l’enfermant dans une prison faite de vices, mais son âme était capable de s’élever, aidée par un Dieu, s’étant fait homme à son tour, uni à lui. Dieu devenait ainsi pour la plupart des anges, inférieur à eux.

Le plus choqué d’entre eux fut Lucifer, il lui sembla soudain que sa science de Dieu, qu’il savait pourtant incomplète était dérisoire. Alors, il commença à douter : et si Dieu était dans l’erreur ? Si lui voyait la vérité. Son orgueil enfla, il se pensait supérieur à l’Eternel et transmettait ses doutes aux anges qui l’écoutaient toujours avec autant d’attention. Michel, son frère tenta de l’apaiser, de le convaincre d’avoir confiance en leur Père et de s’abandonner à son jugement. Il ne devait pas chercher à comprendre, de ne pas remettre en question les paroles du Seigneur et d’accepter. Lucifer s’y refusa : après tout, n’était-il pas le plus intelligent de tous les anges ?

Chez les Séraphins, le doute s’installa et lorsqu’apparut une simple fille des hommes qu’ils se devaient d’appeler « Mère de Dieu », accompagné de Dieu fait homme, devant lesquels ils devaient s’agenouiller. Il s’y refusa, pas devant des êtres qu’il considérait comme inférieurs. Pourquoi ne l’avait-il pas choisi lui, la créature la plus parfaite ?

Jaloux, Lucifer désira se faire Dieu lui-même, il se refusa à adorer Dieu et cessa de lui obéir. L’Éternel ne forçait personne à l’aimer. Lucifer n’avait qu’une solution, la liberté : celle de penser, de ressentir des émotions et de s’empêcher d’aimer son Père. C’était contre sa nature, l’acte ultime, le pire des châtiments qu’un ange puisse s’infliger. Pour se libérer, il était prêt à renoncer à sa raison d’être. Ses doutes créèrent une querelle avec son frère Michel qui le forçait à se protester et à arrêter de se poser des questions. Mais ce débat sema le doute dans le corps angélique, et si certains, comme Michel continuèrent à se prosterner, d’autres se mirent à douter. Après tout, Lucifer était leur prince, le plus beau d’entre eux, s’il lui qui avait tant à perdre, sa Beauté, sa Grâce, sa Sainteté, refusait de se prosterner devant la matière, comme eux pouvaient-ils le faire ? Les affres de la rébellion grondèrent en lui, Lucifer ne se pensait plus à travers Dieu, il se pensait désormais à travers lui-même. Et il s’éblouit lui-même, se complaisant dans l’orgueil. Il n’avait plus besoin de Dieu, il trouvait sa béatitude en lui-même.

Dans sa folie, il en oublia de qui il tenait ses dons et ses pouvoirs : les Ténèbres l’entourèrent et l’aveuglèrent. Désormais, il n’était plus que laideur, mensonges, il ne brillait plus et son intelligence était déviée. Il ne pouvait plus revenir en arrière. Dans sa chute, il entraîna avec lui un tiers du corps angélique perverti par son âme. Lucifer devint Satan : le Prince des Ténèbres, Seigneur du mensonge, “celui qui s’oppose »… et ces titres ne lui déplaisaient pas. Il décida de faire payer aux Hommes son erreur et jura que, tant que lui n’atteindrait pas le Bonheur dont il a été privé par leur faute, il en serait de même pour eux. Il allait les traquer. À sa souffrance, s’ajouta une colère sourde, une haine à la mesure l’amour qu’il avait éprouvé jadis pour son Père. Dieu l’avait trompé, il avait préféré la matière à sa plus belle création spirituelle ! Il les avait trop durement punis. Lucifer ne vit plus qu’en son Créateur un tyran et, aveuglé par sa terrible rage, il décida de jeter Dieu en bas de son Trône pour prendre sa place. Dieu ne réagit pas, il n’élimina pas Lucifer et le séraphin considéra alors la victoire comme imminente.

Il s’avança vers le Trône, suivi de son armée, encouragé par l’inaction des anges et de Dieu. Il se proclama l’égal de son Créateur. Michel se dressa entre Lucifer et le Trône divin, sa colère égale à celle que ressentait son frère pour leur Père. Lui pourtant pacifiste et miséricordieux était prêt à défendre Dieu, toujours caché et invisible à leurs yeux. Michel seul à pourvoir le voir, scanda sa question, « Qui comme Dieu ? » encourageant ainsi les Anges fidèles à se battre à ses côtés. Qui osait se prétendre l’égal de Dieu ? De leur Père, son frère n’était plus digne de se tenir à ses côtés. Lucifer se rendit compte que ses légions étaient bien moins nombreuses que celles de Michel. Son frère irradiait de Lumière qui brûla Lucifer. Il était touché par la Lumière divine, dévoré de l’intérieur sans pour autant parvenir à le détruire. Cela ne servit qu’à alimenter la colère de l’Étoile du Matin. Il ne craignait pas Michel, il était supérieur à lui.

Lucifer avait sous-estimé la puissance de l’union des créations de Dieu, tous les dons que Dieu avait offerts à ses Anges, la Lumière, l’Amour, la Vérité, la Beauté, la Justice… formaient une infranchissable barrière. Leur splendeur les repoussa. Les Anges rebelles reculèrent et Lucifer tomba. Plus il chutait, plus le désespoir, la haine et le désir de faire du mal grandissaient en lui : il avait perdu une bataille, mais pas la guerre. Le sol s’ouvrit et les anges tombèrent dans la brèche créée pour eux par Dieu. Un monde fait de souffrance et de malheur. Désormais, le ciel leur était fermé, mais il s’acharnerait avec ses démons pour qu’il en soit de même pour les créations matérielles de Dieu. Il reviendrait, il se vengerait et lâcherait sur le monde de son Père, le fléau. »

***

Je pourrais bien vous donner les textes, les évangiles, les versets et les chapitres, l’histoire sera toujours la même à quelques verbes près. Pourtant, tout ça, toutes ces belles histoires racontées depuis des siècles, ne sont que le fruit du choix de vieux croutons qui ont cherché à créer leur nouvelle religion sur des bases ‘saines’. Merci, le concile de Nicée, 325, une date charnière pour la destruction du passé de nombreuses créatures. En choisissant les textes qui faisaient de Jésus un être à moitié Dieu, et non un simple homme, ils ont donné une raison de vivre à cette légende. Permettez-moi de rétablir la vérité. Le Bien, le Mal, tout cela n’est qu’une question de point de vue. Chacun à sa part d’ombres et de lumières.

Lucifer n’était pas la création de Dieu, mais son frère. Bien avant la création matérielle de son frère, Lucifer tomba amoureux d’une femme. La jeune déesse se rendant souvent au cœur de la pleine regorgeant d’êtres tous aussi particuliers les uns que les autres, les enfants de l’Ordre et du Chaos : Séléné, déesse de la Lune. À cet instant-là, Lucifer détourna l’amour qu’il se devait d’éprouver pour Jéhovah, son frère, pour la belle jeune femme.

De cette union naquirent deux enfants, des jumeaux à la beauté renversante, comparable à celle de leurs parents, mais nés d’une union contre nature, celle de deux êtres vivants sur un plan différent. Ils mélangèrent leurs essences et créèrent ce qui n’aurait jamais dû être : des néphilims. Des êtres capables d’interagir entre les différents univers, dotés de pouvoirs dépassant très largement ceux des êtres qui auraient dû leurs êtres supérieurs, suscitant envie et curiosité.

Lorsqu’Il comprit que les deux enfants attiraient plus l’attention que lui, Dieu fut si jaloux qu’il demanda à ses plus proches conseillers de les faire tuer. Mais les nourrissons, déjà très puissants, réussirent à échapper à l’attaque des deux archanges, Michel et Raphaël.

Cette trahison rendit Lucifer tellement fou de rage, qu’il fomenta une mutinerie contre son frère. Il créa une armée constituée d’anges lui étant fidèles avec laquelle il tenta de détrôner son frère et de venger la tentative d’assassinat contre ses enfants. Mais il échoua et fut exilé en enfer avec sa femme et les jumeaux. Les portes du paradis lui furent à jamais fermées. Depuis il cherche par tous les moyens à revenir sur ses terres d’origine non pas pour retrouver son statut de prince des anges, mais de se venger de son frère.

Séléné ne put le supporter bien longtemps, elle si pleine de vie, belle et lumineuse, déesse du plus bel astre qui puisse exister, contrainte à rester dans ce monde noir et triste. Elle repartit auprès des siens, abandonnant ses enfants à un homme aveuglé par la haine.

Des faits qui se sont déroulés bien avant l’arrivée de Marie et de Jésus sur le parvis du Jardin de saint Pierre. D’aucuns diraient que l’arrivée soudaine d’un héritier céleste n’était qu’une manière, certes puérile, de faire de l’ombre aux fameux jumeaux. Si Dieu était bon et magnanime, pourquoi était-il aussi jaloux de simples enfants ? Pouvait-on réellement faire de l’ombre à la lumière lorsqu’elle était pure ?

Depuis des temps immémoriaux, ils vivent aux Enfers, ceux que l’on appelle désormais les Héritiers des Deux Étoiles. Enfants de l’Étoile du matin, et de l’Étoile de la nuit. Fils et fille du Prince des Enfers et de la Déesse de la Lune. Mon frère Aedan et moi-même.

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