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[Chronique #50] Les Messagers des Vents, tome 1

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  • Auteur : Clélie Avit
  • Edition : Le Masuqe
  • Sortie de 04/11/15, 477 pages, 18€
  • Thèmes : romance, fantasy, prophétie, mages élémentaires
  • 4e de couverture : « Ses cheveux bleus, son pendentif, il faut les cacher, Eriana le sait. Fuir, rester sur le qui-vive, l’arc à la main, c’est son quotidien. Le jour où elle croise la route de Setrian, jeune messager de la cité d’Ivoire, tout bascule. Eriana a été désignée par une prophétie, avec neuf autres jeunes filles. Les pouvoirs de l’une d’entre elles permettront de sauver Myria.
    Le problème : Eriana n’a pas conscience de l’existence de ses pouvoirs. Elle ne connaît pas leur étendue, ignore comment les utiliser. Pourtant, il lui faudra apprendre les codes de Myria, déjouer les pièges, deviner le jeu de ses ennemis.Avec Les Messagers des Vents, Clélie Avit signe le début d’une grande saga fantastique qui rappelle aussi bien Le Seigneur des anneaux que Hunger Games. Tour à tour trépidant et poétique, ce roman séduira les lecteurs avides d’évasion. »

Mon avis : j’ai reçu ce livre en SP grâce au webzine pour lequel j’écris quelques articles dont je vous ai souvent parlé ces derniers temps. J’ai été séduite dans un premier temps par le résumé de ce roman, je voulais sortir un peu, sans trop non plus de ma zone de confort, et de voguer vers un univers beaucoup plus fantasy, que ce dont j’ai l’habitude. Avec les Messagers des Vents, j’ai passé un moment de lecture plutôt agréable, l’univers est assez incroyable, malheureusement, il y a quelques défauts importants à soulever.

Leur monde est en danger, la prophétie résonne dans chacun des couloirs de la Tour d’Ivoire, il faut trouver les douze prétendantes. Une seule d’entre elles sera à même de tous les sauver. Et s’ils se trompaient ? Et si la lecture de la prophétie n’était pas exacte, que plusieurs versions étaient envisageables ? Lorsque le jeune messager Setrian et toute sa famille partent à la recherche de la dernière prétendante, il ne s’attendait certainement pas à tomber sur Eriana. Elle, habituée à fuir chacun des endroits de néo-Fryrie où elle espérait pouvoir s’installer. Traquée à cause de la crainte suscitée par ses cheveux aux reflets bleus si particuliers et à ce collier énigmatique, symbole d’une ancienne race. Aidée d’un loup étonnement humain, elle parvient à s’enfuir et se retrouve propulsée dans un univers fait de mystères et d’intrigues politiques où elle peine à trouver une place. Malgré cela, elle a un rôle à jouer très important à Myria. Aidés de Setrian, ils vont partir au-devant de maints dangers pour sauver leur peuple et l’avenir du monde.

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Les Messagers des Vent possède un univers totalement novateur et plutôt complexe pour un premier tome. C’est son originalité qui fait sa force. Ce monde est fractionné entre habitants de Fryrie, un peuple ancien et capable de maîtriser (pour la plupart) une forme de magie liée à un élément et les néo-fryriens des hommes lambda. Dans un premier temps, je me suis dit qu’il y aurait surement une histoire basée sur la haine et la peur des deux peuples entre-eux, mais pas du tout, c’est très peu exploité. On assiste plutôt à des luttes intestines entre mages. Chacun des éléments possède douze natures de Inha (de pouvoir) avec des aptitudes particulières (contrôle des animaux, de l’art, des pensées, prophétie, guérisseurs…). Mais ne se satisfaisant jamais de ce qu’ils ont, certains mages veulent prendre l’ascendant sur les autres, en recréant le treizième inha, les destructeurs. Et pour cela, ils sont prêts à tout. Tout cela est bien beau et promet un très bon moment de lecture, mais le point négatif, c’est que l’histoire possède des termes très spécifiques qui ne sont pas du tout expliqués. Je me suis très souvent perdue dans les dénominations parce que l’on a aucun moyen de savoir ce qu’ils signifient et pour quelles raisons ils sont utilisés. Un petit lexique n’aurait vraiment pas été de refus !

L’intrigue est très bien tournée, mais reste basique dans sa structure. On a réellement deux parties : tout d’abord, l’auteure met en place l’histoire et les personnages.  Cette première partie est assez lente, avec des passages qui traînent en longueur, et qui auraient très bien pu être supprimés à la relecture. Puis, l’action s’enchaîne plus rapidement. Les premiers meurtres apportent plus de dynamisme, mais c’est réellement de début du voyage qui signe le début des rebondissements.  On apprend beaucoup de choses, notamment les relations qui lient les trois dernières prétendantes, et les interactions entre la prophétie, les éléments et la magie des trois jeunes femmes. On se perd d’ailleurs très facilement dans le flot d’informations incomplètes. 

L’auteure laisse à la fin de son roman un cliffhanger assez fort. En effet, on se rend rapidement compte que les aventures d’Eriana et de Setrian ne font que commencer. Ils ont peut-être les Vents et les Terres de leurs côtés, mais il reste les Eaux et le Feu à convaincre, et ceux, avant qu’Eriana ne tombe vraiment malade…

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Eriana est directement placée comme un personnage fort, elle est jeune (25ans), débrouillarde, avec une très grande force de caractère et une impulsivité au-delà de tout entendement. Cependant, on remarque très rapidement qu’elle est en retrait dans l’action, passive. Elle se retrouve certes, au cœur d’un monde qu’elle ne comprend pas, et elle cherche sa place avec un complot politique, l’apprentissage et caste et la prophétie. Mais c’est dommage qu’elle ne soit pas plus active.

D’un autre côté, il y a Setrian, un jeune messager des vents qui est chargé de la retrouver en néo-Fryrie. On comprend très vite que les sentiments qu’il éprouve pour elle lui sont totalement inconnus. Il se place en protecteur, disant agir à cause d’une pulsion qui le pousse à la protéger. Le seul hic, c’est qu’il est très mesuré, trop parfait, il manque de reliefs.

Tout comme la plupart des autres personnages, on les dit mystérieux, mais ils sont très facilement déchiffrables. Evandile est rapidement placée comme la grande méchante, mais elle reste fade, trop émotive. C’est comme si, connaissant l’avenir de son personnage, elle n’avait pas souhaité l’approfondir davantage.

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Le dernier point fort est la plume très fluide et agréable de l’auteur, elle illustre parfaitement l’univers novateur et complexe qui s’étoffe à mesure que l’intrigue avance. De plus, le fait qu’elle utilise plusieurs points de vue est intéressant, car cela nous permet de mieux nous repérer dans l’histoire. Elle nous explique par ce biais le déroulement de l’intrigue plus clairement que si uniquement Eriana n’avait été utilisée comme personnage principal. Etant donné qu’elle est entièrement extérieure à ce monde, nous aurions été dans le flou total, donc beaucoup moins intéressant pour nous !

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En résumé : ce roman est placé dans univers fantasy, mais qui serait plus à ranger dans la jeunesse et ceux malgré l’âge des personnages. Ils ont le comportement d’adolescent et non d’adultes, le manque de maturité est un frein à l’intrigue, cependant, avec ce monde totalement novateur et ce dynamisme très agréable, les Messagers des Vents sont un très bon roman qui permet de s’évader !


bonne lecture


Les + : 

  • L’univers

Les – : 

  • Les longueurs
  • le manque de maturité des personnages
  • le manque de lisibilité (manque un lexique !)
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4 commentaires sur “[Chronique #50] Les Messagers des Vents, tome 1

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