[Expo #11] Atelier en plein air : Les Impressionnistes en Normandie

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Bonjour à tous.

Je pense que vous l’avez compris, depuis le temps que j’en parle, je suis une grande amatrice de l’art impressionniste. Donc, je suis allée profiter de cette belle rétrospective des impressionnistes en Normandie, présenté par le musée Jacquemart-André. J’ai servi de guide à un ami amateur d’art lui aussi, mais néophyte. Autant dire que j’étais légèrement gênée, mais j’ai assumé ce rôle avec un grand plaisir. Si je peux transmettre un peu de ma passion par ce biais, je le fais !

D’après le Musée Jacquemart-André :

Cette exposition rassemble un ensemble d’une cinquantaine d’œuvres prestigieuses, issues de collections particulières et d’institutions européennes et américaines majeures, qui retrace l’histoire de l’Impressionnisme, de ses peintres précurseurs aux grands maîtres.
Le XIXe siècle voit l’émergence d’un genre pictural nouveau : le paysage en plein air. Cette révolution picturale, née en Angleterre, va se propager sur le continent dès les années 1820 et la Normandie devenir, pendant un siècle, la destination préférée des peintres d’avant-garde.
L’exposition se propose d’évoquer d’abord le rôle décisif joué par la Normandie dans l’émergence du mouvement impressionniste, à travers les échanges franco-anglais, le développement d’une école de la nature et les rencontres de Saint-Siméon. Puis, passant d’une approche historique à une approche géographique, l’exposition montrera à quel point les paysages et plus encore les lumières de la Normandie ont été déterminants dans l’attirance que cette région a exercée sur tous les maîtres de l’Impressionnisme.
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Alain LEBOURG, La Seine et l’ile Lacroix à Rouen en hiver, 1883, Palais des BA de Lille

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Petits rappels historiques sur l’émergence de l’impressionniste et la peinture sur le motif.

L’impressionnisme n’est pas arrivé sur le devant de la scène du jour au lendemain, ce fut un long processus d’une vingtaine d’années qui commence avec le romantisme de Delacroix, en continuant avec le naturalisme et l’école de Barbizon qui sont les premiers à peindre sur le motif (c’est à dire, peindre leurs toiles sur place et la finir en atelier), Corot, Millet ou encore Rousseau !

Dans les années 1860, un groupe de jeunes artistes la plupart sortis d’ateliers de peintures dirigés en dehors de l’autorité de L’École des Beaux-Arts, ce que l’on appelle le Groupe des Batignolles regroupés autour de Manet milite en faveur d’un renouveau de l’art et d’une nouvelle manière de peindre. Ils discutent, échangent dans les cafés, ils cherchent des thèmes nouveaux, comme la bohème, une nouvelle manière de peindre, plus dans le mouvement, un peu moins avec la ligne. On cherche à montrer l’instant présent en utilisant de nouvelles techniques et le mélange optique (un thème savant pour signifier que les peintres ne font pas le mélange de couleur sur la palette, mais qu’il se fait directement par le spectateur grâce à la juxtaposition de touches de couleurs).

Pour reconnaitre une toile impressionniste, bien que ce ne soit pas très compliqué étant donné de la spécificité du style, vous devez avoir les caractéristiques suivantes : un aspect flou, une touche très rapide, une couleur qui prime sur la ligne, représentation d’un sujet venant de la vie quotidienne, de scènes de café, danseuses, bal, des empattements… Pour les principales

Le courant en lui même est très court, presque exclusivement français (on peut rapprocher certaines œuvres de Turner), il commence réellement en 1874 avec la première exposition impressionniste et se termine en 1886. Il a eu cependant des retombées jusqu’en 1905, le début du fauvisme, qui marque un réel tournant.

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Claude MONET, Etretat, la porte d’Aval, bateaux de pêche sortant du port, 1885, huile sur toile, 60 x 80 cm, Musée des BA de Dijon

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La Normandie comme lieu de prédilection des peintres.

Avec la Révolution Industrielle vient de merveilleuses choses comme le chemin de fer ou encore la peinture en tube. Un rien, un pas grand-chose, mais pour les peintres c’est une chose fondamentale, cela va leur permettre non seulement de changer leur manière de peindre, mais aussi de se déplacer, à Fontainebleau, à Barbizon, mais encore en Bretagne, ou en Normandie. C’est aussi une période de changement de la société, c’est l’avènement du loisir, les week-ends à la mer, dans les stations balnéaires !

Pourquoi la Normandie ? C’est très simple. À cette époque, les deux grandes capitales sont Londres et Paris. La Normandie se situe à égale distance des deux, et se compose de paysages magnifiques et lumineux qui font le bonheur des artistes impressionnistes. C’est ce que l’exposition nous fait découvrir, entre paysages, architectures, falaises et scènes de mer, on explore les débuts de l’impressionnisme !

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Eugène-Louis BOUDIN, Scène de plage à Trouville, collection particulière, Courtesy Galerie de la Présidence, Paris

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L’exposition

Les expositions temporelles du musée Jacquemart-André se composent de huit petites salles, et d’une quarantaine d’œuvres de grands maîtres, exposées de manière thématique, chronologique et géographique. Évidemment, on reconnait très rapidement le rassemblement de très grandes œuvres. On voit clairement l’évolution dans le courant et c’est très bien mis en avant

Pour les œuvres, rien à dire, entre les chefs d’œuvres et les inédits venant de collections particulières, on a de quoi nous en mettre plein les mirettes. Par contre, si je dois mettre un bémol c’est sur la muséographie. Très clairement, aux vues des éclairages, des couleurs, et de la mise en page des panneaux récapitulatifs, cette exposition est très clairement orientée vers un public de sextagénères, et c’est vraiment dommage, car cet aspect vieillot est clairement décevant !

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Claude MONET, Le Pont Japonais, 1918, The Minneapolis Institute of Art

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En résumé

Non seulement l’impressionnisme est un courant phare du 19e siècle français, mais ses apports sont conséquents encore aujourd’hui. C’est l’apologie des couleurs, du mouvement, de l’instant présent. Cette exposition reprend très bien tous ces points et illustre l’évolution du style au fil des années. Bon, petit bémol, le prix, 10 € en tarif réduit, parce que oui, c’est un musée privé, ils n’ont pas de subvention de l’État et doivent entretenir les locaux

Infos pratiques : ouverte du 18 mars au 25 juillet 2016, tous les jours de 10 h à 18 h. Nocturne le lundi jusqu’à 20 h 30. 10 € tarif réduit, 12 en plein tarif

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Claude Monet, Rue de l’Épicerie à Rouen, 1892

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