[Chronique #55] La Passe-Miroir, tome 1 – Les Fiancés de l’Hiver

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  • Auteur : Christelle Dabos
  • Edition : Gallimard
  • Sortie le 6 juin 2013, 592  pages, 7.1€
  • Thèmes : fantastique, steampunk, fantasy, complots
  • 4e de couverture : « Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l’arche d’Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la citadelle, capitale flottante du Pôle. A quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d’un complot mortel. »

Mon avis

Je n’ai lu que des avis dithyrambiques sur la Passe-Miroir depuis des mois, malheureusement, aux vues du prix du livre en grand format, je ne pouvais pas me permettre de me l’acheter. Alors, je me suis littéralement jetée dessus à sa sortie. J’ai découvert un univers hors du commun avec des personnages profonds, hors-normes, un premier vraiment excellent qui malgré quelques faiblesses qui me sont personnelles, promet une série absolument incroyable que je suis très contente de vous faire découvrir aujourd’hui.

Ophélie est une jeune femme vivant sur Anima, une des Arches du Nouveau Monde, taciturne, assez discrète, elle n’aime que les antiquités que l’on trouve dans son musée. Pourtant sa vie va radicalement changée lorsque les doyennes de sa famille vont la fiancer à un homme vivant au Pôle, une arche à l’opposée de celle où vit actuellement Ophélie et toute sa famille. Accompagnée de sa Tante, elle va suivre Thorn, son fiancé, dans la capitale flottante du Pôle, la Citacielle, où complots, meurtres et manigances sont les maîtres mots. Comme Ophélie va-t-elle pouvoir survivre dans un monde dont elle ignore tout, alors qu’ils cherchent tous à se débarrasser de la fiancée du si détestable Intendant du Seigneur Farouk ?
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Ce roman, c’est avant tout un univers complètement hors du commun, post-apocalyptique. Dans ce monde postérieur au nôtre, fractionné en différentes arches flottantes au travers l’espace, que l’on ne peut rejoindre qu’en dirigeable. Nous ne découvrons que deux d’entre elles dans ce tome, mais elles sont si différentes l’une de l’autre, tant par sa politique, son « gouvernement » ou encore les familles et leurs talents, qu’on se prend à essayer d’imaginer qui nous pourrions croiser dans les autres arches. Si Anima est une société où les femmes ont une voix forte, une démocratie où chacun possède une voix, où l’on travaille, le Pôle lui est basé sur un système de cour, c’est la loi du plus fort, où complots, meurtres et autres activités sont de mises pour tenter l’éliminé son rival.

Le système des esprits de famille est assez mystérieux et intéressant. On ne sait que peut de choses sur eux, si ce n’est qu’ils sont immortels et qu’il possède un livre dont on ignore le contenu. Chaque arche en possède un, et ils sont à la tête des familles habitants. Si Artemis, l’esprit d’Anima a choisit de laisser son peuple agir comme bon lui semble (d’où la naissance d’un système égalitaire), Farouk lui se comporte tel Louis XIV au beau milieu de sa cour, enfantine, capricieuse et meurtrière. On se rend compte très rapidement compte que l’on assiste à une critique de notre propre société.

L’intrigue en elle-même est rythmée, on découvre ce nouvel univers en même temps qu’Ophélie. Un univers complexe et très réfléchi qui nous offre un large panel de possibilités pour ce monde plein de mystères, de complots, de mystères et de pouvoirs. Les 600 pages nous amènent doucement vers une vérité à laquelle on ne s’attendait pas, un retournement de situation qui remet l’intrigue en branle et qui nous donne l’envie de nous plonger avec hardeur dans le second tome.

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Des personnages forts et profonds, mais auxquels j’ai eu un peu de mal à m’attacher.

Il est rare, dans toutes les lectures que j’ai pu enchaîner dans ma courte vie, de rencontrer des personnages aussi complexes et profonds que ceux que j’ai pu découvrir dans ce roman.

On commence avec Ophélie, le personnage principal de ce roman est de façade presque insignifiante : de par son caractère réservé, presque taciturne, son manque de beauté ou alors son apparente soumission. Cependant, ces aspects de sa personnalité font rapidement place à un courage à toute épreuve, une grande détermination, une vive intelligence et surtout ses dons qui vont la propulser tout en haut de la hiérarchie. Si l’héroïne reste fidèle à elle-même durant tout le temps de l’intrigue, je n’ai pas réussi à m’identifier à elle, ce qui m’a assez déçue. Il y a quelque chose chez elle qui me gêne un peu, peut-être n’était-elle pas assez poignante, pour l’instant, j’ai hâte de voir comment elle évoluera durant les prochains tomes.

Thorn est un personnage énigmatique, dès le départ, l’on se doute que sous ses airs de gros dur, se cache quelqu’un d’autre. Il se dévoile au fur et à mesure de l’intrigue, froid, calculateur, d’une implacable intelligence et un côté protecteur qui se développe à force de contact avec Ophélie. J’ai beaucoup apprécié ce personnage, tout en dualité et en contradictions. Il est l’un des derniers du puissant clan de chasseur appelé les Dragons et pourtant, il est bâtard, détesté et renié de tous, ce qui ne l’empêche pas d’être le plus important fonctionnaire de la Citacielle. Un homme dont la soif de pouvoir est inextricable.

Bérénilde est un personnage que j’ai beaucoup apprécié. Elle est manipulatrice, fourbe, belle comme une déesse et très douée pour obtenir ce qu’elle veut. Et ce qu’elle veut par-dessus tout, c’est retrouver les faveurs et l’attention de Farouk (oui, la consanguinité est un thème très important dans cet univers). Si elle est au départ toute disposée à protéger Ophélie, son caractère enfantin, capricieux, une véritable enfant gâtée, et une femme malheureuse qui cherche désespérément l’attention.

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Le style de l’auteure fait de ce roman une véritable pépite.

En plus d’une imagination plus que débordante qui a permis à Christelle Dabos de créer l’univers de la Passe-Miroir, son style est tout simplement incroyable. Sa plume est très légère et fluide, elle parvient à mettre parfaitement en valeur les différents aspects de son univers. Si je devais mettre un petit bémol, se serait dans la transmission d’émotion, surement du fait que les personnages principaux de les partagent pas réellement avec le lecteur, ce qui est dommage, car cela manque de relief.
Les points de vue multiples permettent une véritable plongée dans le roman, ce qui est vraiment agréable, mais cette caractéristique s’agrémente de longueurs, parfois un peu gênant pour le rythme de lecture. Je pense que certains passages auraient largement pu être tronqués, sans que cela soit dérangeant pour l’intrigue.

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En résumé

Ce roman est une petite pépite, l’univers créé par Christelle Dabos est un subtil mélange de fantasia et de steampunk sous fond post-apocalyptique. Le mélange des styles et la plume de l’auteure nous promettent un moment de lecture délicieux. Malgré les petits défauts que j’ai cités précédemment, j’ai passé un très bon moment de lecture avec Ophélie et Thorn et j’ai vraiment hâte de pouvoir lire le prochain tome une fois sorti en poche bien sûr !


très bonne lecture


Les + :

  • L’univers
  • L’intrigue
  • Le style de l’auteure

Les – :  

  • Le manque de sentiments
  • Les petites longueurs
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5 réflexions sur “[Chronique #55] La Passe-Miroir, tome 1 – Les Fiancés de l’Hiver

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