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TOP 10 de mes tableaux préférés

Bonjour, bonjour !

Aujourd’hui, on se retrouve pour un TOP un peu particulier ! Je me suis dit que ça pourrait être une bonne idée, si, pour une fois, je vous faisais un petit article un peu plus spécialisé art. Donc, je vais vous présenter (comme le dit le titre, hein ?) dix de mes tableaux préférés. Bien évidemment, à choisir seulement dix tableaux, j’ai eu l’impression de m’arracher un rein, mais sans cela, vous auriez eu le droit à un TOP 1000, et bon… Voilà… J’en aurais eu pour un mois à l’écrire.

Dans ce top, vous aurez donc, le tableau avec son cartel, une petite explication historique du style, de l’artiste et la raison pour laquelle il me touche particulièrement ! Je vais essayer de faire des points assez succincts, mais je m’excuse d’avance pour ce poste qui va faire six pieds de long !  C’est parti !

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Renaud et Armide, François Boucher, 1734, Paris, Musée du Louvre

France, XVIIIe siècle, nous assistons à une dispute entre les amateurs de la ligne (et du peintre Poussin) et ceux de la couleur (avec Rubens), ce discours présent depuis des siècles, va prendre une importance toute particulière puisque dans cette époque marquée par de nombreux changements artistiques, marque le passage entre une peinture de l’esprit (la ligne, avec un travail très fort des lignes de construction, du dessin, etc.) à une peinture de l’émotion (où les couleurs vont apporter le volume). C’est après la rigueur artistique imposée par le règne de Louis XIV que les artistes se libèrent progressivement des diktats de l’Académie Royale de Peinture et de Sculpture, et osent, notamment grâce aux nouveaux mécènes privés, la création de nouveaux genres artistiques, c’est le siècle galant, celui de Louis XV et de la rocaille.

Boucher est l’un des artistes phares de cette époque avec notamment Watteau et Fragonard pour ne citer qu’eux, après la Fête Galante menée par Watteau, il va apporter sur le devant de la scène artistique française une peinture d’histoire un peu plus légère que l’on va appeler la Pastorale (des scènes généralement galantes dans un écrin de verdure). Il s’agit d’une peinture mêlant mythologie et érotisme que l’on va surtout retrouver dans les décors dans hôtels particuliers.
On reconnait d’ailleurs facilement Boucher pour sa touche particulière. Il y a beaucoup de sensualité, c’est lumineux, il utilise des couleurs douces, apprécie particulièrement les courbes féminines qu’il met en valeur par des drapés et sa manière de représenter la peau (porcelaine, velouté…).

Ce tableau est son morceau de réception (c’est grâce à lui qu’il est devenu académicien), Boucher choisit un roman appelé La Jérusalem Délivrée, datant de 1581 comme source iconographique. Il s’agit d’une romance entre un croisé de la première croisade et une fée, Armide, qui vit dans son château et qui va tenter de le détourner de son but en le séduisant. Et c’est justement le moment où Renaud renonce à son but qui est représenté dans ce tableau, soit le moment où les sentiments sont à leur paroxysme, et où ils vont avoir le plus de conséquences sur le reste du récit. Outre les putti, on remarque à droite du tableau, dans l’ombre, la tête de deux soldats, qui sont les compagnons de Renaud, venus pour le délivrer.

Pourquoi j’aime ce tableau ? Déjà, pour la représentation des personnages toute en sensualité, je trouve qu’il y a beaucoup de douceur qui se dégage de ce tableau. De plus, il y a énormément de recherche mythologique dans ce type d’œuvre, ce qui le rend d’autant plus intéressant. Enfin, c’est une période qui me touche parce qu’elle marque un véritable changement dans l’esprit des artistes de cette époque !

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La Persistance de la Mémoire (Les Montres Molles), Salvador Dali, 1934, New York, MoMA

Dans la multitude de mouvements qui se succède durant le XXe siècle, le surréalisme est l’un de ceux qui parviennent à se pérenniser. Le XXe siècle est marqué par de nombreux changements, entres autres, les guerres mondiales, la montée des nationalismes, l’ouverture sur le monde, le développement des échanges, les découvertes scientifiques (théorie des cordes…), tout cela bouleverse l’équilibre du monde dont les artistes veulent se faire les porte-parole. Durant cette période de modernisation, les mouvements vont s’enchaîner, certains ne durant que quelques mois, mais apportant leur pierre à l’édifice, et amenant inexorablement vers l’abstraction picturale et vers une grande question, l’art peut-elle encore se renouveler ?

Le surréalisme est un mouvement français du milieu XXe siècle qui veut démontrer l’importance des théories Freudiennes sur l’inconscient dans l’art. Ils veulent notamment créer des œuvres qui laissent s’exprimer l’inconscient de l’artiste et ainsi stimuler celui du spectateur.  André Breton, le théoricien du mouvement dit en 1924 qu’il veut exprimer dans son art « le fonctionnement réel de la pensée par des automatismes psychiques purs », donc ne pas réellement réfléchir à son acte créatif, mais laisser son inconscient faire le travail.
Dali est un artiste emblématique de cette période, il entre dans les cercles surréalistes parisiens dès 1929 et grâce à la méthode paranoïaque-critique qu’il invente à ce moment-là (que l’on peut résumer par l’association d’idées et d’interprétations délirantes qui va lui permettre de générer une « obsession objective » qui va lui permettre de générer des images — le génie et la folie… Deux idées qui souvent se rejoignent), et c’est grâce à ce procédé que va naître l’œuvre.

Ce qui est surtout intéressant dans cette œuvre reste la symbolique, on retrouve des éléments récurrents de l’œuvre de Dali malgré qu’il soit en total renouveau artistique par exemple l’opposition dur-mou, le bestiaire (fourmis, mouches), la sexualité, l’autoportrait et le paysage avec la ville de Portlligat (où l’on pense qu’il a créé cette toile) comme fond. Il développe un thème qu’il pense universel celui du temps, de la mort. Il y a beaucoup de choses à dire sur cette œuvre, beaucoup de symboles notamment entre l’œuvre et le titre, on remarque une opposition assez forte entre ces montres molles et le titre la persistance de la mémoire qui indique justement l’inverse.

Pourquoi j’aime ce tableau ? Justement pour sa symbolique. J’aime beaucoup le travail de Dali pour le travail qu’il y a derrière ces toiles, et c’est d’ailleurs l’un des rares de cette époque, car l’art dit contemporain n’est vraiment pas ce que je préfère. Dali casse les codes et possède un univers bien à lui que j’adore particulièrement.

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La Liberté Guidant le Peuple, Eugène Delacroix, 1831, Paris, musée du Louvre

Ce tableau célèbre de Delacroix célèbre les Journées d’Insurrection des 27, 28 et 29 Juillet 1830, plus connues sous le nom des Trois Glorieuses. Cette révolution qui durera donc trois jours va mettre à mal le régime réactionnaire mis en place par Charles X et voir la naissance de la Monarchie de Juillet (Louis-Philippe 1er qui va devenir Roi des Français), un trône qui se populaire avec la mise en place d’institution populaire. Comme son prédécesseur, il va très rapidement prendre goût au pouvoir et ses belles promesses vont s’envoler tout aussi rapidement.

Ce tableau célèbre donc une bataille à laquelle l’artiste n’a pas assisté puisqu’il était à ce moment même dans le Louvre à protéger les œuvres. Il faut savoir qu’après les destructions massives d’œuvres durant la Révolution Française, les artistes se sont penchés sur la sauvegarde du patrimoine qui est devenue une bataille très importante. Et heureusement, parce que l’on a perdu de véritables chefs-d’œuvre sous prétexte de cette révolution.

Delacroix est particulièrement connu pour être le chef de fils du mouvement romantique français qui s’oppose à la trop grande rigueur du néoclassicisme fortement représenté à cette époque. Il s’agit d’une querelle que l’on retrouve dans tous les arts à cette époque : classique contre romantisme. Mais c’est le Radeau de la Méduse de Géricault (1819) qui va marquer le tournant. Il s’agit d’un courant complexe qui vise à montrer les tourments de l’âme des artistes : on parle de sensibilité, de sentiments, de passion et de dramatisation des représentations. C’est une peinture qui montre avant tout le trouble des artistes de cette époque.

Ici, l’iconographie est très intéressante parce que l’on retrouve beaucoup de référence à d’autres peintures dites classiques notamment à David et à la peinture académique. On a aussi une héroïsation du peuple soulevé avec le personnage de la Liberté qui devient une véritable allégorie républicaine (qui est aussi un sujet classique et non romantique). C’est une œuvre forte, avec des valeurs controversées (drapeau tricolore, symbole de 1789), qui met en avant le peuple, et la violence des conflits (en effet, la Liberté prend appui sur les morts pour s’élever), dans sa réalité, sans idéalisation.

Pourquoi j’aime ce tableau ? Parce que malgré sa réception plus que mitigée, c’est pour moi le tableau qui représente le mieux le combat du peuple français pour sa liberté. À travers son art, Delacroix représente chaque français, peu importe son origine sociale. Il y a une véritable émotion dans ce tableau qui me transcende.

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L’heure du Jour, Mucha, 1899

Mucha est l’un des grands noms de l’Art Nouveau, mouvement artistique de la toute fin du XIXe siècle. Le but est très simple, il s’agit de créer un mouvement en réaction à l’industrialisation et la reproduction d’anciens modèles aux lignes très droites, en insistant sur les jeux de courbes et de contrecourbes. C’est un mouvement qui s’internationalise très rapidement, mais qui va toujours se caractériser par la présence de rythmes, couleurs, ornementations inspirées des arbres, des fleurs, des insectes, des animaux, le tout, dans des objets du quotidien. Il est caractérisé d’art total, puisqu’il s’intéresse à toutes les formes d’art existant.

Artiste tchèque, Mucha s’installe à Paris à 27 ans et va très rapidement être repérer en travaillant pour des revues et notamment en réalisant les affiches publicitaires de Sarah Bernhardt (grande actrice française). Il faut savoir qu’à cette époque, les affiches publicitaires sont collectionnées, ainsi son travail sera plébiscité très rapidement.

On reconnait sa touche presque instantanément, il représente le plus souvent, des femmes, très sensuelles, glorifiées, souvent très colorées, les formes sont de plus en plus en plus stylisées, mais le mouvement est toujours très important et met généralement les courbes en valeur, telles de véritables femmes fatales (séductrices et dangereuses).

Pourquoi j’aime son œuvre ? J’aime le travail de Mucha parce qu’il est pour moi, le peintre de la femme. Toutes ses représentations sont sensuelles et douces, il y a beaucoup de travail sur la couleur, le drapé et les positions sont toujours respectueux et poétiques. Bref, il me fait rêver !

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Le Déjeuner sur l’herbe, Édouard Manet, 1862-1863, Paris, musée d’Orsay

Le Déjeuner sur l’herbe est une œuvre hors du temps, hors des normes qui n’appartiennent à aucun mouvement, mais qui est très souvent considérée comme étant la première œuvre moderne. On place souvent Manet comme le premier des impressionnistes parce qu’il a exposé en 1863 avec ses amis du groupe des Batignolles au Salon des Refusés et qu’il est à l’origine de beaucoup des innovations artistiques qui seront le moteur de ce nouveau mouvement, il refuse d’être considéré comme l’un des leurs.

Cette modernité est caractérisée par de nombreux faits : le renouvellement iconographique (la vie quotidienne urbaine et paysanne modifiée par la Révolution industrielle, la nature, les variations atmosphériques et lumineuses), celui des techniques plastiques (touche picturale très libre, coups de pinceaux visibles, empâtement), de nouvelles influences esthétiques (photo, peinture espagnole, estampes japonaises), mais aussi le détachement de l’académie, les nouveaux moyens de diffusion ou le rôle plus important des critiques d’art…

Il y a donc une rupture de plus en plus forte avec l’académie, qui va amener les artistes à pousser toujours plus loin leurs réflexions sur les techniques picturales, les sujets… Ici, cette œuvre fait un scandale pour la représentation d’un nu féminin sans justification mythologique, entouré de deux hommes en costume d’époque et d’une jeune femme à peine voilée dans l’eau. De plus, la femme en premier plan regarde le spectateur, le provoquant presque de continuer, ce qui, bien sûr, choque le bourgeois pudibond de l’époque. Cette œuvre est clairement une critique de la prostitution. Manet ajoute plusieurs détails indiquant la luxure, comme le panier renversé, les vêtements étalés au sol, les huitres et bien sûr la nudité. Cela fait référence aux mœurs de l’époque, en effet, il était fréquent pour les hommes d’avoir recourt à ce genre de pratiques, lors de la sortie dominicale dans les stations balnéaires.
Il rappelle notamment Olympia, qu’il peint la même année, et qui lui aussi fait scandale puisqu’il s’agit bien évidemment d’une courtisane, nue, attendant son prochain client. Il met le spectateur dans le rôle de voyeur, ce qui a choqué la critique de l’époque.

Pourquoi j’aime ce tableau ? Justement parce qu’il choque. Outre la technique picturale de l’artiste qui me touche particulièrement, j’aime le fait qu’il bouscule les codes, qu’ils montrent des scènes naturelles qui choquent par leur vérisme, en utilisant de nouvelles techniques picturales, on dit qu’il « peint par taches », qu’il utilise des contrastes trop brutaux, mais c’est ce qui fait justement toute la puissance de l’œuvre.

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La Promenade ou La Femme à l’Ombrelle, Claude Monet, 1875, Washington, National Gallery of Art

Même époque, on va plus loin dans l’impressionnisme avec Monet et l’une de ses Femmes à l’Ombrelle. L’impressionnisme est un courant en marge de l’académisme, né autour du travail de Manet et de Renoir sur un rendu éphémère, de l’instant présent, avec une touche particulière (juxtaposition de taches de couleurs) proche de l’esquisse qui obligent le spectateur à faire lui-même le mélange optique (c’est-à-dire que le mélange des couleurs va se faire dans l’œil du spectateur et non sur la palette de l’artiste).

L’impressionnisme est caractérisé par une couleur qui prime sur la composition spatiale (d’ailleurs, c’est elle qui donne le volume), un dessin sur le motif (c’est-à-dire fait au dehors, sur place), des coups de pinceaux vifs, que l’on voit, rapide, par touches/points/traits, des sujets du quotidien, café, danseuses, gares… Ce style ne va pas du tout être accepté par la critique et c’est ainsi que vont être créés des salons en dehors de ceux de l’académisme.

C’est Impression, Soleil Levant (1872) qui va donner son nom au mouvement. Monet est un artiste qui s’intéresse notamment aux variations atmosphériques, il réalise ainsi de nombreuses séries de toiles d’un même endroit, mais réalisées à des œuvres de la journée différentes ou sous des angles différents. Il faut aussi savoir qu’il finira sa vie aveugle, ainsi, plus on avance dans son œuvre, plus son œuvre semble abstraite. On le considère donc comme l’une des sources d’inspiration de Kandinsky.

Ici sont représentés la femme et le fils de Monet, qu’il reprend souvent comme modèles dans ses œuvres. On retrouve les caractéristiques du mouvement, une scène du quotidien, l’instant figé dans le temps, elle est en train de se retourner, le mouvement de son voile et de sa robe peuvent en attester. Les couleurs sont douces et mettent en valeur le personnage qui est presque anonyme sous les coups de pinceaux de Manet.

Pourquoi j’aime ce tableau ? Pour sa douceur et sa poésie. Il s’agit typiquement du type d’œuvre qui m’émeut au plus haut point.

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Les Hasards Heureux de l’Escarpolette, Jean-Honoré Fragonard, 1767, Londres, Wallace Collection

Nous retournons à l’époque du Siècle Galant avec Fragonard, l’un des élèves de Boucher. Fragonard incarne le déclin du style rocaille (un minéral lié au domaine de l’habitat, caractérisé par l’utilisation de courbes, volutes, rinceaux végétaux, coquillages, une véritable profusion décorative toute de bronze doré ) et le retour vers un certain classicisme dans l’art. Il reste cependant l’un des représentants majeurs de la liberté de l’artiste du siècle galant.

Il va rester en marge des artistes de son temps, et continuera de s’illustrer dans la peinture Galante. On retrouve une touche légère, et surtout un style qui va mélanger plusieurs genres de l’époque : la couleur vénitienne, le paysage, la scène de genre hollandaise… C’est donc un artiste qui ne peut être classé dans une case précise, il n’appartient pas à un genre en particulier.

Il excelle notamment dans la représentation érotique dont cette œuvre est l’une des plus grandes représentations. Cette œuvre est tout en symbolisme. Dans un premier temps, on remarque un grand sentiment d’insouciance émanée de la jeune femme qui est balancée par un évêque. Puis on remarque la mule au centre de la composition, symbole d’abandon par excellence (Par exemple dans Olympia de Manet, elle perd elle aussi une mule, symbole de la prostitution). Puis, notre regard tombe sur le jeune homme en bas de la composition qui a l’air de prendre un malin plaisir à regarder sous les jupes de la jeune femme. On remarque aussi dans le fond du tableau, une représentation de l’Amour Menaçant de Falconet, et si nous devions nous attarder un peu plus sur le symbolisme des couleurs : le rose est celui de la séduction, du romantisme et de la féminité, jeunesse, plaisir sexuel et érotisme. Enfin, bonus, le mouvement de va-et-vient de l’escarpolette est plus que révélateur !

Pourquoi j’aime ce tableau ? Pour tout ce que je viens d’évoquer. Quand on regarde ce tableau la première fois, on est touché par l’insouciante, la couleur et l’aspect poétique de l’œuvre avec cet écrin de verdure créent autour de l’œuvre. Ensuite, on s’y intéresse un peu plus, on comprend toutes les petites allusions habilement dissimulées ! Fragonard est indéniablement un génie !

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La Naissance de Vénus, Alexandre Cabanel, 1863, Paris, musée d’Orsay

Purement académique cette fois-ci, cette naissance de Vénus de Cabanel à fait couler beaucoup d’encre et est le sujet d’inspiration de beaucoup de toiles, dont, L’Olympia de Manet (oui, encore elle). Je ne reviens pas non plus sur l’aspect historique, après deux tableaux de cette époque : c’est donc le combat entre la modernité et le classicisme incarné par l’art académique dont je vous ai mis une œuvre ici.

Cette toile est acquise par Napoléon III en personne pour une coquette somme (20 000 francs) et va être affichée à l’Élysée puis au Palais du Luxembourg (musée d’art vivant), puis au Louvre et maintenant à Orsay.

Nous voyons donc une belle jeune femme nue (ici, le nu n’est pas controversé puisqu’il représente une déesse, il a donc une légitimité, ce qui n’est pas le cas des autres que je vous ai présenté avant). Posture audacieuse mettant en avant ses courbes, une armée de putti tout autour d’elle pour encore plus de kitch. C’est une représentation très léchée, avec une grande finesse d’exécution. Un dessin très clairement académique, une peau laiteuse, représentation asexuée. Cette œuvre a été critiquée de toute part, autant qu’elle a été encensée. Puis, on s’est intéressée d’un peu plus près à la posture, les orteils contractés, les mains devant le visage, la poitrine, la bouche et les joues légèrement rosées. Cela ne vous fait penser à rien ? Chez nous, on appelle cela un orgasme (oui, oui !) ou avec plus de distinction, « quelque chose comme Vénus dans le peignoir d’une courtisane » selon Zola.

Pourquoi j’aime ce tableau ? Pour son dessin académique et son sujet classique complètement détourné, aux yeux et à la barbe de tous. Cette représentation est magnifique et parfaitement indécente et je trouve cela absolument génial ! C’est une posture que l’on retrouve très souvent dans les œuvres de cette époque, et c’est l’une de celle qui parvient à me toucher le plus.

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L’Avenue de l’Opéra, Camile Pissaro, 1898, collection Chtchoukine

On retourne l’impressionnisme ou plus précisément le néo-impressionnisme avec l’œuvre pointilliste de Camille Pissaro. Il fait lui aussi partit du groupe des Batignolles et expose au salon des Refusés en 1863. Sa notoriété arrivera bien plus tardivement que ses amis du mouvement. Il devient un spécialiste du paysage urbain, et aime peindre les changements intervenus notamment dans Paris, comme on peut le voir dans cette œuvre. Il manie plusieurs techniques, expérimente beaucoup, empruntant à divers mouvements leurs manières, le tout en restituant le mouvement, la vie avec des couleurs fondues et une notion du volume plus importante que ses homologues impressionnistes.

Dans cette œuvre, on voit dans un premier temps les travaux de modernisation des rues parisiennes pars Haussmann. Il représente donc les changements urbains dans une série portant notamment sur L’Avenue de l’Opéra, avec une vue en contreplongée partant de la place du Théâtre français et suivant la perspective sur l’Avenue de l’Opéra. Ici, l’important porte sur la vie du grand boulevard, le mouvement, la vie en général qui grouille de partout et contraste avec la linéarité des boulevards et des bâtiments. Il n’y a bien sûr pas de recherche de représentation précise, mais une notion globale de mouvement, d’image prise sur le moment.

Pourquoi j’aime ce tableau ? Pour les couleurs et la vie qui s’en dégage. On a presque l’impression d’être devant sa fenêtre (imagination en plus). Dans un sens, elle parle à mon imagination et me fait rêver de bien des manières. C’est une œuvre immense et qu’avait été surprise par cette impression de plongée que j’avais ressentie en la regardant !

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La Blanchisseuse, Honoré Daumier, 1861, Paris, musée d’Orsay

Honoré Daumier est un artiste surtout connu pour ses caricatures et notamment celle de Napoléon III. Cette œuvre s’inscrit dans l’un des nombreux courants du XIXe, le réalisme. Il s’agit de représenter la vérité de la vie, sans idéalisation, avec un intérêt tout particulier pour le prolétariat (marquer la dureté de leur vie et de leur travail), mais aussi pour l’histoire de la société et pour la politique. On recherche l’authenticité dans les représentations, la vérité sans fard. C’est un mouvement qui touche tous les arts y compris la littérature. C’est un mouvement porté par Gustave Courbet. Il veut aller à l’encontre de l’idéalisation dans l’art, toujours dans un esprit de contrecarrer les excès des courants précédents. On se place dans les courants entre le romantisme et l’impressionnisme.

Daumier est un artiste complet qui se rattache au mouvement non pas pour son style, mais pour les thèmes qu’il emploie. On peut rapprocher les thèmes à ceux des scènes de genre mignonnettes du XVIIIe et de nos amis Boucher, Watteau ou Fragonard, seulement ici, ce n’est plus la beauté de la femme qui est représentée, mais bien la dureté du travail et l’idée très présente à cette époque du déterminisme social. La mère et sa fille sont monumentalisées, dans un mélange de tendresse porté par le regard de la mère vers sa fille, mais aussi de résignation quant à sa condition, et celle de sa fille. Il n’y a pas d’individualisation, l’œuvre semble non terminée (technique du non-finito), les bâtiments sont à peine esquissés, mais surtout extrêmement lumineux ce qui fait ressortir les deux personnages en contre-jour. Elles sont traitées comme une allégorie, mais celle du réel, de la vie et même parfois considérées comme une vierge à l’enfant moderne.

Pourquoi j’aime ce tableau ? Parce qu’il est juste extrêmement touchant. La tendresse de la mère pour sa fille, la dureté de la vie, les conséquences que l’on imagine sur le futur de l’enfant, tout ça dans une œuvre à peine esquissée. Il y a beaucoup de symbolisme, de dureté et paradoxalement de douceur et de bienveillance dans cette œuvre qui me parlent tout particulièrement.

 

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Je finirais très rapidement par un artiste que je n’ai pas besoin de vous présenter. Je ne suis pas tant une amatrice de ses œuvres que de ses croquis. C’est pour cela que je vous ai juste mis celui-ci en bonus, parmi une flopée d’autres parce que la douceur de ce visage, la nostalgie qui s’en dégage sont particulièrement touchantes !

Et voilà pour ce TOP, j’espèce qu’il vous aura plu ! 
Désolée pour la lecture ! 
N’hésitez pas à me dire quelles sont vos œuvres préférées ! 
En attendant le prochain post, plein de belles découvertes !

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19 commentaires sur “TOP 10 de mes tableaux préférés

  1. Alala j’adore Mucha, je l’ai découvert lors de mon Erasmus en République Tchèque. Mon tableau préféré est « Les Quatre saisons ». Quel grand artiste ! (Petite anecdote : à la tchèque, son nom se prononce mouja, le j prononcé à l’espagnol). Les autres tableaux que tu as choisi sont juste exceptionnels et il est important de les connaitre. Tu as eu une excellente idée de chronique 😀

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  2. Magnifique toile que celle de L’heure du Jour, je suis fan! Avec la couverture de l’article je m’attendais à voir du Munch! Pour le coup le cri est une de mes toiles préférés, avec le grand dragon rouge et la femme vêtue de soleil de Blake, le boeuf écorché de Rembrandt et tous les tableaux de Magritte dont je suis une grande admiratrice.

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  3. Un post qui fait 6 pieds de long on s’en fiche : tant qu’il est bien écrit il se laisse lire ! 😉

    Je connais très peu l’oeuvre de Mucha, et Mucha lui-même d’ailleurs, mais j’aime énormément son style !

    Sur Manet j’ajouterais que ce n’est pas un nu, mais un déshabillé, ce qui est encore pire parce qu’effectivement ça fait référence à la chair, à la prostitution. Quant à la corbeille c’est aussi une nature morte, qui était un genre très déprécié. Et Manet a d’autant moins compris les critiques qu’apparemment il souhaitait faire référence à un autre type de tableaux. Je ne me souviens plus le nom exact par contre, faudrait que je rouvre mes cours, mais il me semble que c’était un type de représentation italienne… je ne suis plus sûre (pas très précis tout ça, c’est ma prof qui serait contente !)

    Sans trop savoir expliquer pourquoi j’aime beaucoup La Naissance de Vénus même si ce n’était pas du tout à la mode pour l’époque… mais à chaque fois que la prof me montrait en disant « on faisait aussi ça, c’est de la peinture-pompier » ben j’aimais bien haha 😉 Par contre elle ne nous a jamais expliqué (ou alors je m’en souviens pas) pourquoi elle a été critiquée (en même temps c’était pas trop le sujet du cours). Bon, sachant que c’est un orgasme (du coup je comprends un peu mieux pourquoi elle a pu être critiquée), plus jamais je la regarderais de la même manière ! Mais du coup ça me fait penser à La Femme piquée par un serpent de Clésinger.

    Je ne crois pas avoir le tableau préféré… j’aime bien La Naissance de Vénus, même si je le vois maintenant sous un nouveau jour, mais sinon… en même temps je ne suis pas très peinture, j’en connais peu… peut-être que je n’ai pas encore trouvées celles qui vont me faire chavirer le coeur. Ceci dit j’aime énormément énormément énormément les memento mori. J’en ai même un en fond d’écran de mon PC de cours x) Je saurais pas trop expliquer… je les trouve assez poétique et je trouve assez bienvenu de nous rappeler que nous allons tous finir par mourir et qu’il serait temps d’arrêter de nous prendre pour les maîtres du monde… mais même sans le message derrière je les trouve vraiment poétiques… enfin voilà, j’aime les memento mori, je suis assez fascinée.

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    1. J’étais au courant de tout cela, malheureusement, je ne pouvais pas tout mettre sur ce post, il y aurait eu beaucoup trop de choses ahah.
      J’aime aussi beaucoup les Memento Mori, je les trouve fascinant et il y a tellement de symbolique derrière est juste… Oui, fascinant !

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  4. J’ai adoré cet article ! C’était super intéressant et ça se lit tout seul. Personnellement, je m’y connais peu en peinture, mais j’aime beaucoup les oeuvres de Monet (la façon dont il représente les reflets de la lumière, l’eau, la glace, la fumée) et d’Edward Hopper (ses peintures sont toujours tellement… silencieuses, ça me fait toujours quelque chose).

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      1. Tu es une personne très indépendante ,Il semble que les personnes selon ta nature ont du mal à être en couple car elles ont tendance à vite s’ étouffer ,elles ont besoin beaucoup d autonomies en couple ,Cependant cela dépend de ton entourage et en amitié la même chose .Est ce possible ou je me trompe,?Je te préviens je suis pas un devin, je me fie seulement sur ma grande expérience et le choix de tes peintures .

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      2. Je suis en effet très indépendante et parfois cela me joue des tours. Mais je suis surtout une grande rêveuse, hypersensible, secrète et empathe, ce qui bouleverse aussi la perception que j’ai des choses et des gens autour de moi. Si j’aime avoir un jardin secret, il ne met pas difficile de comprendre les gens et de lire en eux !

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      3. j’ ai lu un article intéressant sur les devins il semble qui peuvent ne pas prévenir l’ avenir avec précision comme on semble le penser mais éviter seulement les mauvaises catastrophes …et selon eux, tout le monde peut le faire ,mais je n’ ai pas le secret encore hi hi hi

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      4. Et si c est un secret je ne pense pas que je le partagerais lol En tout cas je te souhaite tout le bonheur de tout mon cœur pour ta réussite dans la vie et ton blog il est génial car j adore me cultiver ..Encore un grand merci sincèrement

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