Conseils d'écriture·Ecriture

[Ecriture – Commencer son premier roman] Documenter son roman

Bonjour, bonjour !

C’est le quatrième post sur la série des Mercredis Écriture. Ces dernières semaines, nous avons vu comment créer son projet, ses personnages, son environnement et creuser son intrigue. Aujourd’hui, on va s’intéresser aux recherches. Aspect un peu plus sombre de la création littéraire, on aurait tendance à l’oublier, pourtant, on ne peut malheureusement pas un être un expert dans tous les domaines. Il faut donc approfondir certains sujets un peu plus flous pour donner du corps à votre roman, et c’est à ça que vont servir les recherches !

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Il y a un moment où il faut parvenir à faire la part des choses entre imagination et réalité. Parfois, il faut admettre que l’on ne peut pas tout inventer. La part de réalité d’un roman n’est pas à négliger, c’est elle qui donne du corps à votre récit. C’est pour cela qu’il est important de faire quelques recherches avant de commencer un roman.

Toutefois, la quantité de recherche dépendra du sujet choisi. Il est certain que si vous choisissez d’écrire un roman sur l’univers médical alors que vous ne supportez pas la vue du sang, sans recherche, il va être compliqué de rendre votre roman crédible. A contrario, pour un univers créé de toute pièce, comme un monde de fantasy, il vous semblera moins important d’effectuer des recherches. Pourtant, il y a forcément des points comme le système de féodalité ou certains mythes celtes, nordiques ou que sais-je encore, qui pourraient vous être utile pour créer votre monde. Ces petits détails que vous pourrez distiller dans le récit, mais surtout, les bases solides sur lesquelles vous construirez votre intrigue, seront la clef de voûte d’un roman qui se tient ! 

Les supports de recherches

Pour mener à bien vos recherches, il y a de nombreux supports qui sont à notre disposition et dont nous ne devons pas hésiter à abuser !

  • Internet 

On ne le présente plus ! Sur internet, on peut trouver une tonne d’information. Je dirais juste de faire attention aux sites que l’on utilise, certains méritent une attention plus approfondie que d’autre. Je ne suis pas en train de décrier Wikipédia par exemple, site au centre de ce genre de polémique, je suis la première à commencer à me faire un premier avis dessus, mais mieux vaut ensuite approfondir le sujet avec des sites spécialisés ou des livres !

Pour les lieux : Google Maps est notre ami ! Mais les photos aussi, cartes et autres détails que l’on peut trouver en masse sur le net.

  • Livres et/ou ouvrages et revues spécialisés

Que ce soit dans un bon roman bien documenté ou dans un ouvrage écrit par des chercheurs, les livres sont une bonne source de recherche. Personnellement, c’est ce que je préfère. J’adore passer des heures à fureter dans un bouquin aussi gros que moi, pour trouver le petit détail qui saura faire la différence !

  • Documentaires/podcasts

Lire un article scientifique, ce n’est pas vraiment votre tasse de thé ? Ce n’est pas grave, nous avons la solution ! Arte vous proposera surement des reportages plus ou moins longs sur un sujet qui nous intéressera ! Plus sérieusement, les reportages de France Culture m’ont sauvé la vie plus d’une fois lors de mes études. Sur YouTube, vous avez pléthore de vidéos et de podcast sur moult sujets et je suis sûre que vous pourrez trouver votre bonheur avec un peu de bonne volonté !
Bien sûr, après cela, il ne faut pas oublier de noter toutes nos petites trouvailles !

  • Observer

Encore une fois, il n’y a rien de mieux que de se faire sa propre idée, et je pense que la meilleure méthode de recherches est encore l’observation. Allez dans un lieu précis, regarder les gens faire, regarder les feuilles tomber, s’imprégner d’une odeur, d’un sentiment pour mieux le retransmettre à l’écrit. Votre expérience est une source presque intarissable de détails qui pourront faire la différence. Bon forcément, si vous n’avez jamais mis de corset, difficile de s’imaginer ce que c’est que de mettre une robe à tournure du XIXe, mais, pour le reste, il suffit de vous faire confiance.

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Faire des recherches pour construire son environnement

Avec ce petit onglet, je rejoins un peu ce que j’ai pu dire précédemment, dans mon post sur la création d’environnement, je ne m’attarderai pas trop dessus, cependant, il me semblait important de noter que l’on pouvait aussi faire des recherches pour l’environnement de son roman.

  • Des lieux qui existent

Un été à New York ? Un village perdu en Toscane ? Un monument historique particulier dont la description doit être parfaite ? Il y a beaucoup de raisons de faire des recherches pour son environnement. Il est vrai que lorsque l’on décide d’utiliser des lieux qui existent déjà, il est important de s’attarder sur l’aspect physique del’endroit et d’en faire une description la plus précise possible. Pas besoin d’égaler Zola, Balzac ou Flaubert, hein ? Ou encore d’utiliser un vocabulaire digne du plus grand historien de l’art, genre on se fiche des pinacles ornés de gables trilobés (sauf si ce détail à de l’importance pour la suite de l’histoire, s’entend). Ce dont on a besoin, c’est de détails nous permettant de nous repérer et de comprendre où l’on se trouve au sein même de la ville/bâtiment. Après libre à vous de faire une crypte secrète accessible grâce à un mécanisme caché à l’intérieur de San Vitale de Ravenne, du moment que vous mentionnez les mosaïques et les coupoles, on devrait pouvoir comprendre de quoi vous parlez.

  • Des lieux que l’on invente

Je dirais que ces lieux-ci méritent une plus grande attention. Puisque ce sont des lieux qui n’existent que dans votre imagination, il va falloir faire preuve de trésor de subterfuges pour que le lecteur voie ce que vous voyez. Pour cela, observez ce qu’il y a autour de vous, servez-vous de lieux qui existent déjà. Pour ce genre de description, le plus important et de s’attarder sur les cinq sens et ce que le lieu provoque sur le héros, c’est une bonne manière de laisser une impression forte au lecteur.

Faire des recherches pour construire ses personnages
  • Personnages non fictifs ou historiques

Lorsque l’on est amené à utiliser des personnages ayant réellement existé, se documenter un minimum sur leur vie peut généralement être une bonne idée. Rien que pour éviter de placer le règne de la reine Victoria à la place de celui d’Elizabeth 1re. Vous pouvez tout à fait inventer une double vie à ces personnages (je ne compte plus les romans historiques ou de steampunk — pour ne citer qu’eux — où Victoria est à la tête d’une société secrète de lutte contre les monstres), mais certains détails doivent d’être cependant respectés !
Par exemple, et puisque l’on est avec Victoria : sa date de naissance et de mort, période de règne, son mariage avec Albert, son action pour la société anglaise… Pour le reste, vous pouvez très bien lui inventer de folles amours de jeunesses durant ses vacances, pourvu qu’elles soient posées sur une base solide de faits historiques (bon, il est vrai, l’histoire, c’est un peu mon dada… je ne suis pas objective).

  • Personnages fictifs

Où est la recherche lorsqu’il s’agit de vos propres personnages vous allez me dire ? Mais elle est partout. Créer un personnage, lui donner une vie, un passé, un état d’esprit c’est aussi faire des recherches. Certes, un brin différentes. Il est plus question là de faire une introspection, de comprendre comment le personnage peut être, parler, réfléchir, évoluer au sein de cette histoire. 

Il est aussi important de se dire, que vous pouvez tout simplement vous servir de votre propre expérience pour créer vos personnages. Personnellement, je suis quelqu’un qui observe beaucoup les gens. Non seulement je m’amuse à les percer à jour et à comprendre leur manière de fonctionner en quelques heures (et j’en ai rendu plus d’un fou à jouer à ce petit jeu auquel — en toute modestie bien sûr — j’excelle *petit rire diabolique*), mais je m’inspire aussi de leur physique ou de leur manière de faire pour créer des personnages authentiques. Évidemment, lorsque les gens ne savent pas que vous êtes auteurs et que vous les observez avec insistance pendant plusieurs heures, ils vont un peu vous prendre pour un psychopathe, mais on finit par s’y habituer !

Faire des recherches lorsque l’on traite d’un sujet particulier

Beaucoup d’auteurs se déplacent et font appel à des professionnels du secteur sur lequel leur roman porte pour qu’ils soient plus véridiques. Il me semble d’ailleurs, que J.R. Rain par exemple, a suivi des policiers dans leur exercice pendant plusieurs mois, idem pour Diana Rowland.
Et il y a beaucoup d’autres exemples comme cela. En effet, lorsque l’on comprend quelque chose, il est plus facile d’en traiter tous les aspects ensuite par écrit. Ne serait-ce que pour nous le représenter. Logiquement, plus facile est la représentation, plus aisée sera le passage de notre esprit au lecteur.

Après, il y a beaucoup de manières d’agir, mais un sujet pointilleux nécessite des recherches un peu plus importantes. Imaginez une seconde, un roman génial, poignant, mais avec des erreurs impardonnables sur un métier ou une technique… C’est un peu frustrant !

Par exemple : j’ai choisi de traiter de la démonologie dans mon roman, un sujet vaste, mais surtout assez peu documenté de manière purement scientifique. Vous avez déjà vu la tête de certains vendeurs ou bibliothécaires quand vous prenez un traité de démonologie ? Sérieusement, certains sont prêts à hurler au satanisme et à sortir les croix et l’eau bénite. Pourtant, je trouvais important, de connaître la hiérarchie infernale, le positionnement de certains démons ou même tout simplement, avoir une idée de l’Enfer selon Dante, puisque je me suis inspirée de la Divine Comédie pour faire ma carte de l’Enfer, avant de commencer l’écriture. Même si, après cela, j’ai décidé d’en faire qu’à ma tête et de réinventer certains points. J’étais bien contente d’avoir ma base solide.

Faire des recherches historiques

Idem que pour les personnages non fictifs, les recherches historiques sont non seulement les plus importantes, mais les plus difficiles à mener. Lorsque vous choisissez d’écrire un roman historique, vous ne pouvez malheureusement pas vous permettre de tergiverser sur les détails de la vie quotidienne, mœurs et l’environnement. Parce que si votre héros utilise un portable au début du XIXe siècle, on va se poser de sacrées questions. À moins qu’il soit un voyageur du futur, mais bon, sans antenne, son téléphone risque de ne pas lui servir à grand-chose, peut-être les photos et la musique le temps qu’il lui reste de la batterie ?

Ainsi, pour éviter ce genre d’erreur et éviter que vos personnages soient pris pour des sorciers, quelques petites recherches en amont sont indispensables. Notez l’atmosphère de l’époque, ce que les gens vivaient aux quotidiens, les luttes intestines, conflits politiques, mœurs et manières de vivre, le langage aussi est très important, l’organisation des lieux, les grands changements qui ont marqué la population, les personnages phares de cette époque… Les anecdotes historiques sont aussi importantes lorsqu’il s’agit de replacer un contexte particulier. 

Plus il y aura de réalité historique, plus on pourra se plonger dans l’univers, surtout si l’on connaît déjà cette époque et que l’on choisit un roman justement pour cela. Il n’y a rien de pire que la frustration d’un roman historique rempli d’erreurs.

Ne pas oublier de conserver tous ces petits points quelque part. 

Dernière chose, il faut bien sûr noter tout cela. Un carnet, un ficher sur l’ordinateur, un classeur à l’ancienne, un logiciel particulier, je ne vous fais pas de dessin, je pense que vous savez comment faire. Mais notez ! Parce que c’est bien beau de faire toutes ces petites recherches, mais à moins que vous ayez le Palais Mental de Sherlock, je doute que vous puissiez vous souvenir de tout en temps et en heure, surtout lorsque l’on est pris par le reste de l’écriture. Donc, afin d’éviter pertes de temps et déconvenues lorsque les informations ne sont pas venues, à vos stylos, prêts, notez ! 

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Bien, nous avons à peu près fait le tour de ce dont je voulais vous parler aujourd’hui, bien sûr, il y a beaucoup d’autres méthodes et façon de faire, mais comme toujours, je ne fais que vous donner des pistes pour que vous puissiez faire vos propres expériences ! N’hésitez pas à partager avec moi, vos techniques, ça me ferait plaisir de me confronter un peu à vos méthodes !
Bonne chance avec vos recherches et l’on se retrouve la semaine prochaine pour parler de genres littéraires et de codes !

C’est donc tout pour aujourd’hui.
Amusez-vous bien à l’écriture de votre roman,

En attendant, je vous souhaite toujours plus de jolies découvertes ! 

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10 commentaires sur “[Ecriture – Commencer son premier roman] Documenter son roman

  1. Je m’étais inscrite en Histoire à l’origine pour passer les concours de journalisme… enfin ça c’était la version officielle. En vrai c’était juste parce que j’aimais ça et que j’avais envie, et que je me disais que ça m’aiderait pour mes romans. Ça n’a pas loupé. J’ai emprunté des prénoms, des concepts, parfois des paradigmes entiers (je me foule pas xD) et en fait on se rend très vite compte que mes univers sont des mondes hybridés de civilisations qui n’auraient jamais dû se rencontrer parce qu’elles étaient trop éloignées du point de vue temporel et géographique, le tout saupoudré d’un peu de magie !

    Surtout, le problème qu je vois aux termes un peu technique comme gâble, c’est qu’on ne les connaît pas forcément (merci Google, et merci toi, j’ai appris quelque chose !). Les détails ne sont pas gênants dans les descriptions, enfin moi j’aime bien en mettre (encore faut-il bien les gérer, mais c’est une autre histoire) mais si les termes sont trop techniques on ne comprend plus de quoi on parle et on perd le lecteur.

    Tu as raison d’insister pour les romans historiques ! Un roman historique se doit d’être fidèle à l’époque dans laquelle il se déroule !

    Une autre manière pour les personnages fictifs c’est de lire des articles de sociologie ou psychologie pour avoir de grands concepts, et des idées. Par exemple le personnage principal de mon roman se taillade les veines, je devais comprendre exactement ce qui se cache derrière, donc j’ai lu (pas assez, je sais, je sais) de psycho. Et j’ai découvert un truc très intéressant : l’origine du mot « scarification » vient à la fois du latin pour « écrire » et à la fois du latin pour « sacrifier ». Ça m’a aussi permis de tomber sur l’explication d’une patiente qui avait l’âge de mon héros, et donc de faire dire à mon héros quelque chose d’authentique. Ça peut aider, donc.
    Une autre manière d’approcher la psychologie (mais d’une civilisation cette fois) c’est l’Histoire !

    On est toujours content d’avoir une base solide, parce que pour inventer des choses il vaut mieux savoir ce qui a été fait avant, et ensuite adapter à nos besoins, parce que bien souvent quand on invente de rien le problème c’est qu’on passe à côté de pleins d’aspects et de détails auxquels on n’avait pas pensés, ni même envisagés, mais qui ont été théorisés par quelques uns de nos ancêtres !

    Une fois j’avais essayé de faire un palais mental… échec, mais je retenterai !

    J’ajouterais sur les recherches qu’il y a aussi, en parallèle des trucs structurels, les petits détails qui changent tout… vitesse d’un cheval, combien de distance il peut parcourir en une journée, vitesse d’un pigeon voyageur, heure de lever ou coucher du soleil en fonction des saisons, tout le vocabulaire de l’attelage des chevaux, etc., etc., etc.

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    1. Il est sûr qu’il y a pleins de petits sujets sur lesquels on peut faire des recherches. Généralement, je me renseigne sur à peu près tous les petits sujets que je traite pour être sûre de ne pas dire de bêtises, c’est quelques chose que je ne supporte pas, surtout lorsque je parle de qqch de véridique.

      Je me sers du Palais Mental assez souvent maintenant. Ca m’a beaucoup aidé pour mes partiels à me souvenir de certaines choses. Bien sûr, même si j’adorerai, je n’ai l’esprit analytique de Sherlock, mais à ma petite échelle, c’est toujours pratique.

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  2. C’est super intéressant ça comme article ! J’avais souvent commencé à écrire deux-trois pages pour me rendre compte que c’était naze. Par contre, ce n’est que récemment que j’ai commencé à écrire quasiment de A à Z tous les événements qui allaient se passer dedans. Donc effectivement, la clé pour parvenir à écrire c’est écrire écrire et écrire ces trucs!

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