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[Ecriture – Commencer son premier roman] Rendre ses dialogues dynamiques

Bonjour, bonjour !

Bien, aujourd’hui parlons peu, parlons bien, parlons écriture. Ces derniers temps, on a vu/revu pas mal de choses ensemble qui sont importantes lorsque l’on écrit un roman. Maintenant, je voudrais que l’on aborde quelque chose qui me tient beaucoup à cœur, le dialogue. Pourquoi ? Parce que c’est ce que je préfère écrire, déjà. Et ensuite, parce que mine de rien, un dialogue peu apporter beaucoup de choses à un texte, en termes d’énigme, de dynamisme, d’humour, d’émotions. Il est donc important de bien savoir rédiger ses dialogues avec justesse et nous allons voir une manière de le faire !

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On a l’habitude de dire que les dialogues ne sont là que pour souligner le fond du texte et pour le mettre en valeur. Mais il n’y a pas à dire, un dialogue mal écrit peut tout aussi bien faire fuir le lecteur qu’une action mal gérée. C’est pour cela qu’il faut très rapidement comprendre les erreurs à éviter lorsque l’on veut écrire un bon dialogue. Ce n’est pas très compliqué, seulement une petite habitude à prendre.

Déjà : qu’est-ce qu’un dialogue ?

C’est quand même un point assez important. Mis à part dire que c’est le moment où les personnages se parlent, ce qui n’est pas faux en soi, à quoi sert un dialogue ?

Dans un premier temps à apporter une respiration au texte. Après une longue période de récit aussi difficile à lire pour le lecteur que fastidieuse à écrire pour l’auteur, où le narrateur nous donne son point de vue en long, en large et en travers, le dialogue va venir apporter une touche de légèreté et surtout de dynamisme à la lecture. Il permet l’introduction toute en douceur de nouveaux personnages, de les caractériser sans passer par la sempiternelle description (par la parole, on véhicule bien plus de nos traits de caractère que l’on pourrait l’imaginer), mais aussi de donner des informations, bref, c’est un outil très utile.

J’insiste sur le dynamisme parce qu’il s’agit tout de même d’un point important. Si votre dialogue est plan-plan, vous risquez de larguer votre lecteur qui va vouloir secouer les personnages pour qu’ils s’excitent un peu [sauf si c’est le but]. Vous devez vraiment réussir à captiver votre lecteur et pour cela, quelques astuces vous serons données un peu plus bas.

Avec le dialogue, on peut se permettre beaucoup de folies en tant qu’auteur.  La palette est large : le langage des personnages, la rétention d’informations, humour… On peut établir un véritable lien avec le lecteur, en lui donnant accès par exemple à des données que les personnages n’ont pas…

Les différents types de dialogues

Reprenons rapidement quelques cours de français : il y a trois types de dialogues :

  • Le discours direct : c’est une manière de rapporter des paroles comme elles ont été énoncées, et généralement, elles sont introduites par des guillemets ou un tiret.

« Vous êtes bien aimable, dit-il ».

  • Le discours indirect : dans le discours indirect, on a la notion de « transformation » des paroles puisqu’elles ne sont pas rapportées immédiatement. Il n’y a donc aucun moyen de vérifier les paroles, c’est donc moins objectif. Ce type de discours est généralement encadré par une proposition subordonnée :

« Anne affirme que ma soeur est plus gentille que la sienne. »

  • Le discours indirect libre : ce dernier est semblable à l’indirect, à ceci près qu’il n’utilise pas de proposition subordonnée. Dans l’effet, la voix du narrateur et celle de la personne dont il est question vont se mélanger, à tel point que l’on ne saura plus vraiment distinguer qui pense quoi.

« Alfred s’énerva. Il ne supportait plus le comportement insolent de son fils. »

Le principe est de savoir jouer de ces trois outils afin d’en tirer le meilleur. Chaque type de discours à son intérêt à un moment clé de votre récit.

Le discours direct va faire respirer votre texte, mais surtout, il permet aux personnages de s’exprimer et de vraiment dire ce qu’ils pensent sans faire de langue de bois. C’est à ce moment-là que vous pouvez utiliser les gros mots, mettre en avant des particularités de langage, etc.

Pour le discours indirect offre une certaine liberté à l’auteur par rapport au lecteur. Le discours indirect permet de jouer un peu et de semer le doute chez le lecteur. Par exemple, on peut induire un fait que l’on sait nous faut, ici, l’auteur se couvre, les propos étant rapportés à la base, cela induit aussi qu’ils peuvent être faux ou incomplets. Tout bêtement, il permet aussi d’éviter la redondance dans le dialogue, en créant une ellipse [par exemple lorsque l’on utilise : « il lui raconta alors que… »]. Bref, il y a un bon nombre d’utilisations possibles qui justifie son utilisation. Il ne faut vraiment pas avoir peur de s’en servir, c’est un outil vraiment très pratique.

La Typographie

C’est un sujet un peu retors. Normalement, si l’on respecte les codes français, nos dialogues doivent commencer par des guillemets, et les interactions suivantes sont marquées par des tirets. On ferme ensuite le dialogue par un guillemet.

« Bonjour, comment allez-vous ? demanda-t-elle.
— Très bien, et vous-même ?
— Parfaitement, je vous remercie »

Il faut bien faire attention, contrairement à nos cousins anglais, nous n’encadrons pas chaque réplique par des guillemets. Mais ils nous servent bien à commencer et clore un dialogue, en entier !

Revenons une seconde sur les incises : n’oublions pas que même si elles sont précédées par un point d’interrogation ou d’exclamation, elles ne prennent jamais de majuscule. De plus, lorsqu’elles sont placées au milieu d’une phrase ; elles s’enserrent après une virgule et peuvent être suivies d’une caractérisation de l’action.

« J’ai faim, dit l’enfant en criant, je veux un bonbon. »

Cependant, aujourd’hui, il est commun de ne pas respecter ces règles avec précision. Les guillemets de début et de fin de dialogues passent généralement à la trappe dans la mise en page moderne.

Le plus important est de bien garder à l’esprit qu’un tiret = une réplique.

Lors de dialogue plutôt long, il est aussi de coutume de couper le texte et de créer un nouveau paragraphe précédé d’un guillemet, afin d’indiquer qu’il s’agit toujours de la même réplique. Par contre elle se terminera uniquement par un point, avant de passer à la réplique suivante.

Par exemple :

— Grand-père, peux-tu nous raconter comment c’était l’école de ton temps ?
— Oh, à l’époque, conta le vieil homme, le maître nous faisait entrer dans la classe en rang, deux par deux et faisait l’appel dehors […].
» Et il y avait aussi Marguerite, à qu’elle était belle Marguerite avec ses fleurs dans les cheveux. […] J’adorais courir dans l’herbe et monter aux arbres.
— Ça devait être si bien…

Quelques conseils
Attention à la redondance

Le piège principal lorsque l’on écrit un dialogue, c’est que l’on est tenté de reprendre ce qui a été dit plus tôt. Or, il n’y a rien de pire qu’un texte où les personnes se répètent tout le temps. Il faut partir du principe qu’une chose énoncée une fois, n’a pas besoin de l’être une seconde. Vous pouvez donc user de raccourcis ou du discours indirect pour créer des ellipses. Tout simplement, axer le dialogue d’une autre manière.

Rendre une scène vivante

Il ne faut pas hésiter à mettre en scène un dialogue. Ne vous contentez pas de faire vos tirets avec quelques répliques et voilà. Intercalez, de courts passages de textes entre vos répliques, pour marquer l’état d’esprit de votre personnage ou encore pour caractériser les gestes effectués, les émotions, où encore les petits tics qui n’ont l’air de rien.

Imaginez-vous à la place du lecteur et de votre personnage : un dialogue n’est jamais morne, il y a forcément des choses qui nous caractérisent et des gestes que l’on fait. Servez-vous de cela pour illustrer votre dialogue, le rendre plus riche et visuel. Donc, forcément plus agréable à lire.

Il faut que le dialogue soit utile 

Votre dialogue ne doit pas sortir des fagots ! Il doit avoir une utilité à ce moment précis de l’intrigue. Il y a plusieurs utilités : donner des informations aux lecteurs, faire avancer l’intrigue, mettre en avant les relations entre les personnages, exprimer des sentiments, mais aussi faire rire ou tout au contraire, faire monter la moutarde.

Donc, si votre dialogue n’apporte rien de particulier qu’une information qui aurait pu être énoncée autrement, vous pouvez vous en passer. Sinon il alourdira votre récit.

Savoir utiliser et varier les tons, dont le silence

Le dialogue, c’est aussi le moment de vous exprimer et de faire briller vos personnages. Sarcasme, ironie, humour en tout genre, à vous de varier les tons et même de cultiver le silence. On ne parle pas assez du silence, mais parfois le silence dans un récit en dit bien plus sur l’état d’esprit de votre personnage que n’importe quelle phrase.

Personnellement, je suis une grande amatrice du sarcasme, de l’ironie et de l’humour dans mes dialogues. Même lorsque la tension dramatique est forte, il y a toujours une petite pointe d’humour pour le contrecarrer.

Transmission d’émotion

Le dialogue, c’est aussi le moment de penser aux émotions. Tristesse, colère, désespoir, bonheur, il y a tant de choses que l’on peut faire passer avec quelques mots, pourquoi s’en priver ? Le tout est de savoir le faire avec justesse. Il ne faut donc pas trop en faire au risque que cela paraisse grossier et surfait, et ne pas hésiter à se servir des signes de ponctuation !

Adapter le type de parole à l’époque et aux personnages

Si vous écrivez un roman qui se passe au XVIe avec le discours que l’on a aujourd’hui, je ne suis pas sûre que ça passe. De la même manière, en caricaturant à l’extrême bien sûr, un jeune ne va pas parler de la même manière d’un quadra, ou un jeune de banlieue par rapport à celui d’un milieu bourgeois, etc. Il ne faut pas hésiter à adapter le langage de son personnage en fonction de ses origines, milieu, son époque. Votre personnage est vulgaire et dit une insulte tous les trois mots, et bah oui, il est comme ça ! Le dialogue, c’est le moment où l’on peut se lâcher, alors lâchons-nous, et laissons nos personnages s’exprimer comme bon leur semble.

Ne pas hésiter à rappeler qui parle

Il ne faut pas hésiter à abuser des verbes introducteurs. Rappeler au lecteur qui parle est une bonne manière de ne pas le perdre. Attention : en utiliser un à chaque réplique n’est pas non plus utile et l’on finit par rapidement arriver à court d’exemples.
Petit rappel idiot : n’oubliez pas que chaque verbe à un sens, ainsi, on peut très rapidement brouiller le signal que l’on veut faire passer si malencontreusement on confond deux mots.

Petit plus : liste de verbes introducteurs

Liste de verbes

Personnellement : les dialogues sont ce que je préfère travailler, parce que j’use généralement d’un ton sarcastique et je manie beaucoup l’humour. Le tout est de savoir se servir de tous ces outils avec justesse. Un dialogue doit être la balance parfaite de tout ce que l’on vient de voir. Il est là pour captiver le lecteur, lui faire ressentir des émotions, lui apporter une petite respiration. L’humour est un bon compromis puisqu’il permet de cacher un bon nombre d’émotions, tout en en révélant bien plus qu’on l’imagine sur l’état d’esprit du personnage. Attention cependant à ne pas tomber dans la lourdeur.

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Donc voilà, j’espère que ces quelques points pourront vous aider dans la construction de vos dialogues. N’oubliez pas, le plus important, c’est de vous amuser, c’est le moment où vous pouvez vous lâcher et faire vibrer vos personnages, usez-en avec justesse ! J’espère en tout cas que votre première semaine de NaNo se sera bien passée, bon courage à tous pour la suite !

C’est donc tout pour aujourd’hui.
Amusez-vous bien à l’écriture de votre roman,

En attendant, je vous souhaite toujours plus de jolies découvertes ! 

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7 commentaires sur “[Ecriture – Commencer son premier roman] Rendre ses dialogues dynamiques

  1. Moi je suis pas drôle, donc mes personnages non plus (les pauvres). Les dialogues… bon, comme tu l’auras compris par mes autres commentaires : je bosse à l’instinct, donc mes personnages parlent quand je pense qu’ils doivent parler. Là où je peux pas trop aller à l’instinct c’est pour que ça fasse vrai. Si j’y vais à l’instinct je ponds des dialogues encore plus cul-cul/clichés/attendus : en bref rien de ce qu’il faut. Je crois que les dialogues ce sont aussi les moments où on sait si l’auteur ou l’autrice a bien compris ses personnages.
    J’ai eu beaucoup de mal dans mon roman pour le dernier dialogue (mon Dieu, j’ai pas encore commencé les corrections, je me trouve des excuses raaaaaaaaah mais c’est bon, c’est bon je commence ce week-end, je m’y engage !) parce que ma pauvre impératrice doit mourir, donc dire adieu à son frère, mais en même temps elle est un peu spéciale alors je peux pas écrire du cul-cul mais en même temps je peux pas ne pas faire passer du tout d’émotions particulières… autant habituellement les dialogues sont relativement naturels, autant là j’ai galéré.

    Aimé par 1 personne

    1. Merde, ton message est presque court !! :O (je te charrie, bien sûr) !
      Tu sais parfois, l’instinct c’est ce qu’il y a de mieux. Les dialogues ont tendances à être plein d’humour (souvent que l’on est très peu à comprendre), parce que j’aime qu’il y est cette petite partie de moi dans mes persos, sans répartie, on s’ennuie. Et dans mon nouveau projet, j’ai vraiment tiré mes persos de mes proches et moi, ce qui donne un humour corrosif, parfois un peu lourd, parfois plus subtile, très souvent sous la ceinture, mais qui fait toujours rire 😉
      Oui, je comprends, c’est la toute la subtilité d’un dialogue, après, toi tu le trouves cul-cul, ce n’est peut-être pas le cas des autres. Peut-être aussi, que tu peux essayé de faire passer tes émotions autrement qu’avec les mots. Un simple « je t’aime » peut vouloir dire tellement de choses, surtout lorsque l’on sait que le personnage va mourir.
      Courage pour tes corrections, moi j’en suis à 20k mots de mon nouveau projet en une semaine, je ne comprends pas ce qui m’arrive ahah !

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  2. Très intéressant, ce billet. Pour moi le conseil essentiel concerne l’utilité des dialogues. Je rencontre pas mal de romans où les personnages s’adonnent au bavardage plutôt qu’aux dialogues proprement dit, et où tout cela ne sert aucune finalité narrative. Moi-même, dans mon premier roman, j’ai sabré pas mal de dialogues inutiles. C’est un piège dans lequel il est facile de tomber parce qu’écrire des dialogues, c’est amusant et qu’on se laisse parfois emporter par notre enthousiasme.

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