Conseils d'écriture·Ecriture

[Ecriture] L’écriture et le manque de confiance en soi

Bonjour, bonjour !

Aujourd’hui, on va parler d’un thème qui me semble particulièrement important lorsque l’on parle d’écriture, ou d’activité qu’elle soit artistique ou non : la confiance en soi. C’est un fait, beaucoup d’entre nous sont bloqués à un moment ou à un autre. La plupart du temps, c’est à cause de questions plus que pernicieuses qui sont la traduction de peurs qui nous retiennent lorsque l’on se lance dans un projet, en particulier dans la création. C’est un sujet sur lequel je reviens beaucoup, parce que c’est aussi mon principal défaut en tant qu’auteure, je n’ai pas du tout confiance en moi, et cela me dessert bien trop souvent.

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On se demande souvent s’il est nécessaire d’avoir confiance en soi pour écrire, si l’estime garantit ou non, la qualité de l’écriture. Il est certain que cela aide, cela supprime certaines peurs absurdes qui nous retiennent, mais un excès de confiance n’est pas non plus une bonne chose. Personne ne veut devenir un auteur arrogant. Savoir se remettre en question, prendre en compte la critique (surtout dans notre branche où la critique littéraire est quand même notre « fonds de commerce ») et surtout savoir en tirer un enseignement et pouvoir modifier notre ligne de tir lorsqu’un aspect dérangeant revient trop souvent.

Pourtant, certains d’entre nous ne peuvent s’en empêcher, soucieux de bien faire, de plaire ou de réussir. Il y a forcément un moment où ils vont commencer à se poser des questions, qui, généralement, ne nous quitterons pas. Elles sont toutes aussi importantes (dans le sens où elles nous poussent à donner le meilleur de nous même) que toxiques parce que vient un moment où le doute devient trop oppressant et nous bloque. Donc, pour commencer à vaincre le problème de confiance, il faut savoir identifier nos peurs.

Quelques unes des peurs de l’écrivain :
La peur de l’échec

La peur de l’échec est l’une des plus importantes : « et si je n’y arrivais pas ? ». Combien de fois, au bout du troisième chapitre, j’ai commencé à me poser un million de questions, dont la très fameuse « et si je ne finissais pas ? ». Avoir peur de ne pas réussir est normal, surtout lorsqu’il s’agit d’un projet aussi important et personnel qu’un roman. On ne sait pas si, malgré tout l’investissement que l’on y met, on parviendra à y mettre le point final et cela nous fait peur. Travailler pour rien n’est jamais enrichissant, pourtant, le simple fait de faire la démarche de l’écriture et de commencer est déjà une réussite en soi.

Pourquoi ne pas commencer par quelque chose de plus court ? Une nouvelle par exemple. Prenez confiance en vous, en votre style, appréhendez ce que c’est que le processus d’écriture, vous pourrez ensuite passer à quelque chose de plus gros comme un roman. Surtout, ne perdez jamais de vu, que même si vous arrêtez pendant un temps, rien n’est jamais perdu, vous pourrez toujours reprendre plus tard. Combien d’auteurs ont ressorti de vieux manuscrits de leurs tiroirs et les ont réécrits, parfois des années plus tard ? Une histoire à souvent besoin de mûrir, et vous aussi.

La peur de la réussite

Un roman n’est jamais réellement fini, il y aura toujours des choses à revoir et à reprendre, au grand dam des perfectionnistes dont je fais partie. Cela participe à la peur de la réussite. On met le point final, mais on est incapable de relire et de faire les corrections. Il ne reste que deux ou trois chapitres, mais impossible de terminer. Pourquoi ? Parce que le finir signifierait réussir, parfois sortir de cette bulle de sérénité dans laquelle on s’était installé, quitter des personnages avec lesquelles nous avions créé un lien très particulier ou tout simplement admettre que c’est la fin de quelque chose.

La peur de la réussite est intimement liée à celle de l’échec. Il faut comprendre l’échec pour réussi. Un échec nous fait grandir et avancer, on apprendre de ces erreurs. Mais ce qui nous effraie surtout, c’est l’inconnu, l’après. Qu’est-ce qu’il se passe une fois que j’ai terminé ? Une page se tourne, une autre s’écrit. Pourquoi ne pas commencer doucement un autre projet pendant que vous finissez celui qui est en court ? Mettre en route quelque chose de nouveau, permet d’amortir la chute et de retrouver le confort et la sécurité de quelque chose de connu.

La peur de se lâcher et de perdre le contrôle

Intimement liées, ces deux peurs agissent généralement ensemble. Écrire un roman demande que l’on s’implique émotionnellement, on y met très souvent une part de nous même, plus ou moins volontairement. Sauf que voilà, cela ne fait pas tout, écrire demande aussi que l’on fasse fi de nos barrières, que l’on se dévoile, que l’on montre ce que l’on est. Il faut se lâcher, mais qui dit se lâcher dit perdre le contrôle. Et pour certain d’entre nous, dont moi, perdre le contrôle est vu comme un échec. C’est comme cela que certains grands auteurs se sont adonnés à toutes sortes d’expérimentations avec des produits, disons… douteux, afin de se libérer de cette pression.

Il faut se dire que se dévoiler, et permettre à son cerveau d’aller au-delà ce qu’on lui autorise n’est pas un échec, c’est même plutôt bénéfique pour l’écriture. On offrira quelque chose de plus profond, des émotions plus vives et authentiques. Non, perdre le contrôle n’est pas un échec, c’est l’un des points les plus importants. Libérez-vous de ce besoin et laissez-vous aller. C’est un travail à faire sur vous-même. Je ne vous encourage absolument pas à écrire sous une emprise quelconque, quoiqu’une bière ou un verre de vin n’a jamais fait de mal à personne (un seul hein ? Pas le pack ou la bouteille en entier !). Mais il est important de se détendre, prenez un bain, regardez un bon film, ou écrivez avec votre chat sur les genoux, que sais-je encore, mais ne vous laissez pas ronger. Parfois, perdre le contrôle nous offre des perspectives que nous n’aurions pas imaginer !

La peur du regard des autres et/ou de la critique

Ah, voilà quelque chose d’intéressant. Le regard des autres est l’une des peurs les plus importantes, parce que oui, l’auteur a pour but d’être lu. Et qui dit lire, dit offrir une part de soi aux autres et les laisser en faire ce qu’ils veulent, dont la critiquer. Parce que oui, la critique reste le principal frein de tout auteur : est-ce que mon roman va plaire ? ; est-ce que je vais pouvoir être édité ? ; et si mon univers ne plaisait pas ? Le regard des autres et la critique nous font peur parce qu’ils ont le pouvoir de tout faire bousculer et de mettre à mal ce qu’on a mis un certain temps à construire. Ils peuvent nous mettre plus bas que terre avec seulement quelque mots, et cela en met un très gros coup à notre estime.

Dites-vous que l’on ne peut pas plaire à tout le monde et qu’avant d’être soumis à la critique, il y a plusieurs étapes qui sont là pour perfectionner votre écrit. Déjà, la relecture : on dit généralement qu’environ 10 % du roman va disparaître à la relecture. Votre roman s’en trouvera transformé profondément. Puis, il y a la bêta-lecture, une étape tout aussi importante, faire lire par un tiers, permet de mettre en avant les points à travailler, à améliorer et ceux qui doivent absolument être conservés ! Et seulement après, il y a l’envoi. Votre roman ne plait pas à la première ME, ce n’est pas grave essayant une autre (en faisant bien attention à respecter leurs chartes éditoriales), rappelez-vous J.K. Rowling, du nombre de ME qui n’ont pas voulu de HP et du succès que cela a eu.

De plus, la critique est bénéfique et importante, elle nous permet de comprendre nos erreurs et de les retravailler, mais il faut, bien sûr pour cela, que cela soit justifié et argumenté.

La peur de ne pas être à la hauteur

Un auteur c’est un style, un ton, une manière de raconter des histoires et ça nous est propre. Chaque auteur se différencie de cette manière, il y aura toujours quelqu’un de meilleur ou de moins bon que soit. Mais il ne faut pas oublier que tout cela est surtout subjectif et soumis à la critique du lecteur/éditeur. Suivant les goûts de chacun, sa perception de votre style change.

Arrêter de vous comparer aux autres, encore une fois, il y a toujours meilleur et moins bon que soi. Le plus important, c’est de prendre de plaisir à ce que l’on fait. Si l’on montre notre passion dans nos écrits, cela se verra forcément à la, lecture ! Ne perdez pas espoir, persévérez, améliorez-vous, vous finirez par trouver votre public.

La peur de ne pas réussir à écrire/manque d’inspiration

C’est bon, tout est paré, vous êtes sur le point de vous y mettre et puis là, plus rien. Impossible d’écrire le premier mot, impossible de visualiser l’univers. Rien ne vient. C’est le traditionnel syndrome de la page blanche. Celle plus que n’importe quelle autre devient la hantise de tout écrivain parce qu’on y est tous soumis un jour, plus ou moins longtemps. Pour s’en sortir, il n’y a pas trente-six solutions, il faut se faire violence et se forcer à aller au-delà.

J’ai consacré tout un article (ici) à ce problème dans lequel je retrace plusieurs techniques passés outre la page blanche.

La honte de l’écrivain

Quelle légitimité ai-je en tant qu’auteur ? Je ne suis pas un professionnel, je n’ai pas de formation, je n’ai pas de style, je ne suis pas très bon orthographe ? Pire que cela, mes amis ne me comprennent pas, pour eux écrire des histoires, c’est bon pour les autres, pas pour moi. Mes parents veulent que j’aie un « vrai » métier.

Il n’y a aucune honte à aimer raconter des histoires ni aucune honte à vouloir les partager. Le style se travaille, il ne s’acquiert pas en quelques jours. Bien sûr, le premier ne sera pas terrible, mais le deuxième beaucoup mieux et ainsi de suite, le style est en constante évolution, et il n’y a pas de secret, ce n’est qu’en travaillant que l’on devient meilleur. Quant à l’orthographe, je ne saurais que trop vous conseiller de vous racheter un Bescherelle et un bon correcteur orthographique. Vous avez aussi vos bêta-lecteurs qui sont là pour vous aider, car, on ne peut pas toujours voir toutes nos fautes !

Quelques petits conseils supplémentaires :
Connaître ses forces et ses faiblesses

Avant toute chose, savoir identifier ses forces et ses faiblesses permet de mettre l’accent sur ce dont on a le plus besoin et de le travailler pour pallier ce manque. Par exemple, vous avez un style particulier dont vous êtes fiers, mais une orthographe affreuse… Le tout est de savoir compartimenter, améliorer les points importants sans négliger le reste.

Savoir ce que l’on veut

Savoir où l’on veut aller est important, cela aide à aller au-delà des peurs de base. Par exemple, si vous avez peur de ne pas vous y retrouver, ou de l’échec, préparez un plan détaillé de toutes les scènes/chapitres, c’est aussi utile d’avoir une idée plus ou moins précise de la manière dont va se terminer votre histoire, comme cela, vous aurez moins de chance de vous faire surprendre.

La volonté et la persévérance y sont aussi pour beaucoup. Si dès le départ, vous vous donnez un gros coup de collier, vos peurs peuvent avoir moins d’impact au cours de l’écriture.

Apprendre de ses erreurs

La critique va vous aider. Certains avis lorsqu’ils sont bien argumentés peuvent contenir de bonnes idées et de bons points à améliorer. Il faut savoir mettre son égo de côté et en tenir compte pour s’améliorer. Pour moi, c’est très important de tout autant savoir être humble face à ce que l’on a fait, que d’en être fier ! Il n’y a rien de mieux pour progresser.

S’entourer de personnes de confiance

Notamment pour la bêta-lecture. La famille c’est bien, mais généralement, ils ne parviennent pas à être objectifs. Il faut trouver quelqu’un qui puisse vous dire quand c’est bien, mais aussi quand ça l’est moins, et c’est ce qui vous permettra de vous améliorer. Et dans ces moments-là, c’est la confiance qui prime. Ma bêta-lectrice est ma meilleure amie, elle lit chacun de mes chapitres, et je sais parfaitement que lorsqu’elle me dit que c’est mauvais, c’est qu’il y a des choses à revoir. Parfois, on y passe des heures, mais le résultat en vaut la peine. Il faut trouver la/les bonne(s) personne(s).

Arrêter d’écouter vos voix intérieures 

Surtout, le plus important, arrêter de vous écouter, sinon, vous n’y arriverez jamais. Elles reviendront forcément à un moment où à un autre, mais il faut apprendre à les dompter et aller au-delà de ces petits démons qui volent devant vos yeux pour vous convaincre que vous ne serez jamais à la hauteur de ce que vous voulez faire de votre projet. Croyez-en vous, croyez en votre projet, en vos personnages et univers, c’est le meilleur conseil que je peux vous donner ! 

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Donc, pour conclure aujourd’hui, je vous dirai simplement que faire taire ses peurs est bien plus facile à dire qu’à faire, j’en ai parfaitement conscience, mais que l’on peut toujours trouver le moyen : rien qu’en sortant se promener ou en lisant un bon livre. Trouver la force d’avoir confiance en soi est nécessaire lorsque l’on commence un projet d’écriture, sinon, on fonce dans le mur des questions idiotes qui nous déstabilisent et nous détruisent à petit feu ! Encore une fois, croyez en vous et laissez vos doigts et votre esprit faire le reste ! 

C’est donc tout pour aujourd’hui.
Amusez-vous bien à l’écriture de votre roman,

En attendant, je vous souhaite toujours plus de jolies découvertes ! 

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6 commentaires sur “[Ecriture] L’écriture et le manque de confiance en soi

  1. « on dit généralement qu’environ 10 % du roman va disparaître à la relecture » : hihihi ;P pour moi c’est plutôt 10% de plus ! x) J’ai à peine commencé la relecture que j’ai déjà un millier de mots en plus (j’en suis même pas au chapitre 4 (sur 15). Et j’ai encore plein de trucs à vérifier, expliquer, rajouter… je fais tout à l’envers, donc ? 😛

    Je n’ai pas beaucoup de peurs… bizarrement, moi qui veut plutôt me contrôler, que rien dépasse, me contenir, quand j’écris il n’y a pas ça : j’écris. L’écriture est le seul moment où je suis en harmonie (mon Dieu, c’est tellement cliché et mièvre que ça fait peur !). C’est bête à dire mais pour le coup je fais confiance à mon inconscient, et l’écriture est le moment où je ne fais pas de dissociation conscient-inconscient (j’ai tendance à faire cette dissociation tout le reste du temps, dans ma tête je me parle à moi-même parfois à « je », « tu » ou « elle » et je n’ai pas encore trouvé les différents moments…, et j’ai tendance à penser « mon inconscient me veut du mal » etc.). Quand j’écris je dis qu’on fait une bonne équipe, parce que c’est vrai. Des fois, pour détailler une scène, je rajoute un truc pas prévu, juste comme ça. Puis, quelques temps plus tard, au moment de finir une autre scène, parfois bien plus loin dans le roman, mon inconscient me souffle un truc, il se sert du détail ajouté et hop, les wagons sont raccrochés alors que c’était même pas prévu ! Alors la peur de perdre le contrôle, je ne l’ai pas, on est en harmonie mon inconscient et moi (je suis obligée de le remercier du coup).

    Par contre j’ai une autre peur (il faut bien, il faut bien…). Celle de ne pas être à la hauteur, mais elle ne se manifeste pas en me comparant aux autres. C’est plutôt que j’ai peur (ou plutôt je sais) de ne pas être à la hauteur de moi-même (à cause de la dissociation conscient-inconscient sans doute) : que mon style, le texte en lui-même, ne parvienne pas à décrire vraiment, à réaliser vraiment mes intentions. Que mon conscient, le moi qui écrit, ne sache pas correspondre avec vérité aux idées de mon inconscient. Je sais que c’est mon problème.

    Les autres peurs je ne les ai pas.

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    1. Eh bien, tu as bien de la chance ! Les peurs nous bloquent bien trop. Je suis incapable de faire quoi que ce soit sans être paralysée et la plupart du temps je ne m’en remets pas… Après, tout comme toi, une fois que je suis lancée, rien ne peut m’arrêter, je pense à beaucoup de choses à la fois et comme je fonctionne avec un écran et du papier, mes idées fourmillent à chaque fois !

      Tu places donc la barre très haut avec toi même. Je comprends, parfois que je me dis que mes mots n’arrivent pas à la hauteur ce que j’ai dans la tête et c’est particulièrement frustrant !

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      1. Les peurs nous bloquent seulement quand on ne parvient pas à les dépasser. Je crois qu’on ne peut jamais arrêter la peur, la faire disparaître, mais on peut faire avec !

        Oui, c’est frustrant ! Surtout quand tu sais que l’idée est bonne, pertinente, mais que, avec ton écriture tu as l’impression que c’est bof-bof.

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      2. Il faut du temps pour dépasser ses peurs, ce n’est quelque chose d’aisé ! Sinon ça se saurait ! Faire avec demande du temps, mais on finit de toute manière toujours par y arriver.

        Heureusement que la relecture est là pour nous aider à ce que l’écriture ne soit plus « bof bof » 😉

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