Ecriture

[Ecriture] Les auteurs et l’orthographe

Bonjour, bonjour !

Il y a quelques jours, j’ai eu une cruelle prise de conscience. Moi qui pensais savoir écrire à peu près correctement, je me suis rendu compte que personne n’était à l’abri de fautes idiotes et d’erreurs d’inattention, surtout lorsque l’on manie une langue comme le français. J’ai beau râler sur la plupart de mes amis lorsqu’ils écrivent pas et font des fautes, je ne suis pas mieux voire même pire à cause d’une très légère dyslexie dysorthographique (et l’écriture de ce mot est un véritable calvaire), pas assez forte donc pour avoir le droit à un tiers temps ou que l’on s’en occupe tout simplement, mais assez agaçante tout de même pour me créer quelques difficultés et me faire détester l’orthographe dans mes plus jeunes années. Aujourd’hui, si je suis devenue un véritable tyran, je ne suis pas moins sujette aux fautes et plus elles sont basiques et idiotes, plus je tombe dedans facilement. Et quand on ambitionne d’écrire un roman, notre rapport à l’orthographe prend soudainement une importance qu’elle n’avait pas avant. Puis-je être un écrivain si je fais encore des fautes ?

C’est inscrit dans l’imaginaire collectif, un écrivain doit avoir une orthographe parfaite au risque de ne pas être pris au sérieux. Or, lorsque l’on travaille une langue aussi compliquée que la nôtre, avec ses exceptions, ses règles multiples et tout aussi difficiles et inusitées pour la plupart, avoir une orthographe parfaite devient un challenge presque impossible. C’est pour cela que la relecture et les correcteurs existent !

Il est vrai qu’une bonne orthographe est un critère important voire fondamental. Envoyer un manuscrit bourré de fautes, faire saigner les yeux des membres d’un comité de lecture n’est jamais idéal si on a dans l’idée de se faire publier, mais personne ne sera puni pour quelques fautes de frappes ou d’inattention. Nous sommes humains et non des machines, nous avons encore le droit de faire des erreurs.  

Donc, oui, les écrivains eux aussi peuvent faire des fautes. Il y a d’ailleurs beaucoup de très grands auteurs français qui ont longtemps boudé l’orthographe, le plus connu étant Daniel Pennac. Mais chez nos auteurs classiques, l’erreur était aussi fréquente (surement parce qu’ils s’intéressaient bien plus au fond qu’à la forme), pourtant, cela ne les a pas empêchés de vendre leurs romans.

Disons que le problème avec l’orthographe est un mal plus ou moins récent, il arrive avec l’école. Au Moyen-Age, l’orthographe avait beaucoup moins d’importance, étaient notamment en cause le peu de personnes instruites, mais aussi l’importance des patois locaux. Plus on avance dans les siècles, la langue française se complexifie et s’enrichit. Au XVIe siècle, l’orthographe se codifie avec l’imprimerie, mais les langues régionales sont toujours aussi fortes, mais l’on commence à sentir une pointe élitiste. En effet, « l’Écriture de Paris » prévaut sur les autres. C’est au XVIIIe avec l’entrée des philosophes à l’Académie que l’orthographe prend un véritable tournant et que l’on commence à la réformer et à l’uniformiser. Depuis, avec Napoléon ou les Académiciens, la langue n’a de cesse d’évoluer. Elle se veut plus simple, mais l’on sait tous que la grammaire et l’orthographe sont un bien plus gros casse-tête que les énigmes de Léonard de Vinci.

L’orthographe en France est un symbole de notre patrimoine culturel, et ce dernier est très important pour la plupart d’entre nous et en particulier pour ceux qui font la pluie et le beau temps culturel ! C’est aussi un marqueur social très important, si dans la sphère privée les fautes sont tolérées (et encore, tout dépend avec qui), dans la sphère professionnelle, c’est très mal vu. Non seulement on est jugé, mais nous sommes nous même particulièrement gênés si une faute nous échappe. Pire, on en a honte et ça nous paralyse encore plus surement que n’importe qu’elle phobie sociale. On ne devrait pas avoir peur de l’orthographe, après tout, il s’agit d’un mécanisme automatique. Une fois que l’on connait les règles, on est capable de se débrouiller avec la plupart des textes.

L’orthographe m’est venue très tard, vers vingt ans. Avant, je faisais partie des nuls en dictée, de ceux qui avant moins deux à chaque copie à cause de leurs fautes. J’avais beau faire très attention, je ne voyais pas la plupart des fautes, généralement j’inversais des lettres, en plus des fautes basiques.

Je me suis reprise en main arrivée en BTS parce que je ne pouvais plus me permettre de perdre autant de points pour une chose aussi bête que l’orthographe. Alors, j’ai commencé par revoir toutes les règles de base et même s’il y en a beaucoup qui m’échappent encore aujourd’hui, on peut dire que c’est déjà beaucoup mieux.

Bien sûr, mes premiers jets ne sont jamais exempts de fautes, je retrouve toujours des lettres dans le mauvais ordre, j’écris parfois en phonétique, mais je me relis et essaye toujours de faire mon maximum pour que mon orthographe soit bonne. Je n’ai pas vraiment le choix.

On peut donc vouloir être auteur et faire des fautes, ça n’a jamais été incompatible. Mais le tout et de se relire et de se faire relire pour éviter le maximum les erreurs idiotes. Personnellement, je ne relis jamais durant le premier jet, mais par la suite, je passe plusieurs heures à traquer les fautes et les erreurs idiotes. Il en reste souvent et je le sais, mais ma bêta-lectrice est là pour cela. Donc, un problème orthographique ne doit pas être un frein aux volontés d’écrivains !

Malheureusement, il n’y a pas de méthode miracle pour apprendre les règles. Je suis une grande adepte des moyens mnémotechniques plutôt que des appellations barbares utilisées par les instits, du coup, je vous présente quelques fautes basiques, leurs règles et quelques astuces personnelles.

  • –é ou — er

Basique et casse-pieds (et cette expression convient aussi à toutes les règles qui vont suivre). Il est question ici de savoir reconnaitre l’infinitif au participe et pour savoir lequel des deux est employé dans la phrase en question, il suffit de remplacer le verbe par un autre du troisième groupe.
Personnellement, je me suis toujours servi du verbe MORDRE (à dix ans, c’est plus drôle que « vendre »). Donc si dans la phrase, on obtient MORDU alors le verbe conjugué, si l’on obtient MORDRE, il est à l’infinitif.

  • Accord du verbe avoir

Le très fameux auxiliaire et sa règle barbare : le participe passé employé avec l’auxiliaire AVOIR s’accorde en genre et en nombre avec le complément d’objet direct (COD) lorsque celui-ci est placé avant le verbe. (gnagnagna)
Merveilleux, délicieux, sauf quand on ne se souvient plus de comment trouver le COD (qui ne s’appelle d’ailleurs plus comme ça de nos jours).

=> Le musicien se souvient des partitions qu’il a déchiffrées. 
Il a déchiffré QUOI ? : les partitions (COD). Donc, le participe est conjugué.

=> Il a donné son manteau à la demoiselle. 
Il a donné QUOI ? : son manteau (COD). Donc, le participe ne se conjugue pas.

  • Accord des verbes pronominaux

C’est presque pire que l’accord du verbe avoir. Il faut donc savoir que les verbes pronominaux non réfléchis s’accordent en genre et en nombre avec le nom qu’ils complètent SAUF :

– S’ils sont suivis d’un COD.
– Si le verbe ne peut avoir de COD : sont concernés les verbes : se convenir, se mentir, se nuire, se parler, se plaire (se complaire, se déplaire), se ressembler, se rire (comme se sourire), se succéder, se suffire, se survivre.
– Quand « se laisser » et « se faire » sont suivis d’un verbe à infinitif.

  • Futur ou subjonctif : –ai ou — ais

Il s’agit donc de reconnaitre si l’on utilise le futur simple ou le conditionnel.

Si l’action se passe dans l’avenir, le futur simple sera donc utilisé : –ai.
=> Demain, j’irai à la piscine.
La supposition Si + indicatif, suppose aussi l’utilisation du futur pour le verbe suivant
=> S’il fait beau demain, j’irai à la piscine. 

Pour exprimer une condition (Si + Imparfait), un souhait, une formule de politesse ou un fait incertain, on utilisera le conditionnel : –ais.
=> S’il faisait beau, j’irais à la piscine. 
=> Pourrais-je avoir de l’eau ?

Pour distinguer lequel des deux temps est employé, le plus simple reste encore de mettre la phrase à la première personne du pluriel : si l’on utilise « ons » la phrase sera au futur simple, si l’on utilise « ions » ce sera du conditionnel.

  • A ou à

Il suffit de remplacer le déterminant par « avait ». S’il s’accorde dans la phrase, il s’agit du verbe, on utilisera donc « a » sinon, c’est le déterminant et l’on utilisera « à ».
=> C’est un sac à main. 
On ne peut pas dire : c’est un sac « avait » main. Donc c’est un déterminant et non un verbe.

  • Ou et où

L’un sert à montrer un choix « ou » et l’autre une localisation ou temporalité « où ».
=> C’est ça ou rien !
=> Où habite-t-il ?

  • Leur ou Leurs

« Leur » à plusieurs natures : il peut être adjectif possessif, pronom possessif ou pronom personnel et sa conjugaison change en fonction de son utilisation.

– « Leur » comme adjectif possessif est toujours placé devant un nom, il indique à qui appartient un élément comme « mon », « ton » « notre », etc. Ainsi, lorsqu’il est à la troisième personne du pluriel, il prend un — s.
=> Ils promènent leurs chiens.
=> Ils se promènent dans leur jardin.

Leur comme pronom possessif, remplace un nom précédé d’un adjectif possessif, comme le « le mien », « le tien », « le nôtre »… Il est précédé d’un déterminant (le, la, les, des, du, au, etc.). Il s’accorde avec ce dernier.
=> Il est des leurs.
=> Elle la leur est vitale. 

« Leur » comme pronom personnel, remplace un nom, il est placé avant le verbe dont il est le complément d’objet indirect et il est invariable.
=> Il leur a dit la vérité.

  • Sensé ou censé

Censé peut être remplacé par « supposé ».
=> Je suis censée travailler mes textes. (Je suis « supposée » travailler mes textes).

Sensé signifie « plein de bon sens », donc de la même manière, on peut le remplacer par l’expression.
=> Mon choix est sensé. (Mon choix a du sens.)

  • Plein ou pleins

Lorsque « plein » signifie « beaucoup », il a valeur d’adverbe et est invariable.
=> Nous avons vu plein de belles choses.

Lorsque « plein » signifie « rempli » : c’est un adjectif et il s’accorde en genre et en nombre avec le nom qu’il complète.
=> Cette table est pleine de cochonneries. 

  • Or ou Hors

« Or » peut être remplacé par la conjonction de coordination « et ». (Oui, oui, les très fameux : mais, ou, et, donc, or, ni, car).
=> J’ai réussi, or, je n’avais pas révisé.

« Hors » signifie « en dehors de ».
=> Je vis hors de la ville. 

  • Ce ou Se

« Ce » est un démonstratif, il s’utilise généralement devant un nom il peut donc être remplacé par « cette » ; « celui-là » etc.
=> J’aime ce livre.  

Lorsqu’il est placé devant un verbe, on peut le remplacer par « cela ».
=> C’était facile. (Cela était facile). 

« Se » est un pronom personnel réfléchi et s’utilise devant un verbe. On peut donc le remplacer par un autre pronom tel que « me » ou « te ». 
=> Il s’assure la réussite. (Je m’assure la réussite.)

  • L’adverbe en — ment

J’ai déjà mal à la tête. La construction des adverbes est compliquée et pour couronner le tout, pleine d’exceptions qui gardent la même prononciation.

Les adverbes en — ment se construisent à partir d’adjectifs.
=> adjectif au féminin : vif => vive => vivement. Le « m » n’est pas doublé.
=> adjectif terminé par — ant : Méchant => méchamment. Le « m » est doublé => « amment ».
=> adjectif terminé par — ent : Violent deviendra violemment. Dans ce cas, il faut doubler le « m » => « emment »

Quelques exceptions pour le plaisir : vraiment, précisément, gentiment, crûment, brièvement, précipitamment

  • L’appartenance à ou de

Je crois qu’à l’oral, c’est la faute qui me donne le plus d’urticaire. « C’est le cahier à machin… » NON. C’est le cahier DE machin.
=> Petit moyen pas très conventionnel, mais qui fonctionne (désolée pour ma vulgarité). On dit « c’est un fils à p*** » ou « un fils de p*** » ? …

  • … Que + Infinitif ou subjonctif ?

C’est une erreur assez fréquente, c’est bien plus séduisant à l’oreille et moins dérangeant à dire. D’autant plus que :
=> Avant que + subjonctif : « avant qu’il n’ait terminé »
=> Bien que + subjonctif : « bien qu’il n’ait rien fait pour »
MAIS => Après que + indicatif : « Après qu’il a mangé ».

  • Accord des couleurs

Lorsque la couleur est un adjectif, elle s’accorde en genre et en nombre avec le nom qu’elle complète.
=> Une souris verte. 

Quand la couleur est un nom pris pour un adjectif (aïe) : orange, marron… Elle est invariable. Sauf mauve, pourpre, rose, écarlate, fauve, vermeil et incarnat… 

  • Accord des nombres

Mille est toujours invariable.
Cent s’accorde uniquement s’il n’est suivi d’aucun chiffre.
=> Deux-cents ou Deux-cent-vingt
Vingt s’écrit avec un -s uniquement dans l’écriture du nombre quatre-vingts

  • Différend/différent

« Différend » est un nom qui signifie un désaccord. 
=> Ils ont un différend.

« Différent » est un adjectif qui marque une opposition.
=> Ils sont différents l’un de l’autre. 

  • avoir affaire/avoir à faire

« Avoir à faire » : peut être remplacé par « avoir à réaliser quelque chose », on parle d’un objet inanimé.
=> J’ai un gâteau à faire.

« Avoir affaire » : est utilisé quand on parle d’une personne. On dit avoir « affaire à quelqu’un ».
=> J’ai eu affaire à un charlatan. 

  • D’avantage/Davantage

« Davantage » : peut être remplacé par « plus de »
=> Je veux davantage de bonbons. (Je veux plus de bonbons.)

« D’avantage » : signifie « de bénéfice »
=> Je n’y vois pas d’avantage. (Je n’y vois pas de bénéfice.)

J’espère que ces quelques petits rappels vous auront fait du bien. L’orthographe est presque tabou dans notre société. On se doit d’écrire parfaitement, or, on se rend compte de plus en plus des difficultés qu’ont les jeunes à apprendre notre langue. On accuse les réseaux, les téléphones d’en être responsables, mais je pense que le problème est avant tout à la source, l’apprentissage de notre langue n’est plus adapté aux nouvelles générations.
Quant aux écrivains, eh bien ne nous prenons pas la tête avec des questions d’orthographe. Oui, c’est important, oui, on sera jugé dessus, mais ce qui importe vraiment, c’est le fond de votre histoire. Il n’y a rien qui ne puisse se corriger avec un bon correcteur, de la bonne volonté et une bonne relecture ! Cela ne doit, en rien, freiner votre passion ou entacher votre motivation ! 

C’est donc tout pour aujourd’hui.
Amusez-vous bien à l’écriture de votre roman,

En attendant, je vous souhaite toujours plus de jolies découvertes ! 

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2 commentaires sur “[Ecriture] Les auteurs et l’orthographe

  1. La plupart du temps je fais de grosse grosse fautes quand je suis fatiguée (donc la plupart du temps puisque je préfère écrire tard). C’est là que j’écris « il a manger » et autres… et des fois, je ne vois même pas le problème… ou bien je me trompe aussi entre eau-au-o ou ai-è… c’est pas joli-joli. Là j’en suis à la deuxième relecture du roman (sachant donc que y’a eu une première relecture et que, quand je suis à la phase d’écriture, quand je commence je commence par relire ce que j’ai fait la fois d’avant) et je trouve encore des fautes… faut dire que j’ai tendance à ajouter des paragraphes… j’ai ajouté pas mal de choses en première relecture (c’était fait pour ça) et je continue en deuxième relecture (alors qu’à la base je devais juste m’intéresser à la forme)… à ce train-là j’ai pas fini !

    Sinon, pour eux qui ont la flemme d’apprendre notre langue, il y a le logiciel Antidote, assez bien fait apparemment.
    Je pense que l’apprentissage de l’orthographe est juste (sauf dyslexies et compagnie) un problème de volonté. Quand t’as des mecs à la fac, que ça fait trois ans que les profs leurs répètent de faire attention à l’orthographe parce que y’a cinq fautes pour dix mots et que c’est pas possible… c’est pas possible. En même temps les mecs les profs les sanctionnent pas, donc ils n’ont pas une vraie motivation pour s’améliorer… sauf que quand tu veux devenir prof ça devrait être une motivation suffisante…

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