[Bilan #20] Mars 2017

bilan mars 2017

Bonjour à tous,

C’est le 1 avril, et c’est l’heure du bilan, certes très très court, de notre mois de mars. Je n’ai pas été très présente ce mois-ci encore, mais maintenant que j’ai expliqué pourquoi, je me sens vraiment beaucoup mieux. Du coup, voici le bilan du mois !

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Les Héritiers des Etoiles – Prologue

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Le plus grand best-seller au monde raconte l’histoire suivante : « Quand Dieu créa les anges, il permit à l’un d’entre eux, d’être au-dessus des autres. Son nom était Lucifer signifiant « porteur de Lumière ». Il était le chef incontesté de cette cour qui se presse, émerveillée, autour de l’insondable pénombre où se cachait Dieu. Brûlant d’amour, il répercutait la lumière divine sur les autres Anges, leur révélant, par sa sublime et inégalable intelligence, les secrets divins qu’il était le seul à comprendre tout à fait.

En créant les Anges, Dieu avait façonné des êtres faits d’Esprits, tout au contraire des animaux et de l’univers général qui constituait sa création matérielle. Ce faisant, il avait donné vie à des choses incapables de reconnaître Sa présence. Un concept que les Anges avaient du mal à saisir. Puis Dieu passa à l’étape suivante, il insuffla la vie à un être hybride, un être capable de s’élever vers les sphères célestes mais, prisonnier de son corps de chair : l’homme. Tout comme les Anges, il était à l’image de Dieu.

Le corps angélique s’étonna et douta de la survie de cet être si étrange. Mais Dieu continua Son œuvre : il est vrai que la matière entraînerait l’homme vers le bas, mais son âme lui permettrait de s’élever, aidée par Dieu, Il se fera homme et s’unira à l’homme pour qu’ils ne fassent plus qu’un. Les Anges s’écrièrent : « ce Dieu, se faisant homme, deviendra inférieur aux Anges ! »

Le plus choqué d’entre eux fut Lucifer, il lui sembla soudain que sa science de Dieu, qu’il savait pourtant incomplète, était en réalité dérisoire, voire inexistante. C’est alors que surgit une invraisemblable pensée qu’il tenta de repousser : et si Dieu était dans l’erreur, et lui, Lucifer, dans la vérité ? Près de lui, Michel s’interrogeait, mais il projeta vers son frère des images d’apaisement, de confiance et d’abandon. Il lui ordonna de ne pas chercher à comprendre, et d’accepter. Lucifer rejeta les pensées de son ami, après tout, n’était-il pas le plus intelligent de tous les Anges ?

Alors que dans le cœur du Séraphin le doute s’installait, voici qu’apparut une femme, une simple fille des hommes que l’on appela “Mère de Dieu”, accompagnée de Dieu fait homme. “Voici votre Seigneur et voici votre Reine, annonça Dieu, prosternez-vous devant eux.” Comment, lui, pouvait-il adorer des êtres aussi inférieurs ? Pourquoi Dieu ne l’avait-il pas choisi lui, créature la plus parfaite, pour cette union hypostatique ? Il refusa donc d’adorer.

Une seule solution se présenta à lui : la liberté. En effet, Dieu ne forçait personne à L’aimer. La liberté, c’était de pouvoir prétendre se passer de Lui. Lucifer savait que ça lui était impossible, ce serait le pire des châtiments. Sa nature, était d’aimer, renoncer à Dieu serait renoncé à cet assouvissement, sa raison d’être. Michel le pria d’adorer, mais cet amour inconsidéré de son frère pour Dieu et ses créatures grotesques lui paraissait soudain odieux et les deux séraphins eurent dû mal à masquer leur débat aux anges inférieurs qui se mirent à douter : fallait-il adorer ou non ? Michel se prosterna devant Son Créateur, imité par une grande partie du corps céleste, mais les autres hésitèrent. Lucifer était leur prince. Il se voyait lui-même magnifique, incomparable, comment pourrait-il, lui, se prosterner devant la matière ? Jamais ! Il savait qu’il devrait pourtant obéir, mais le faire le pousserait à renoncer à ses droits, à savoir la Beauté, la Perfection, la Grâce, la Sainteté. Lucifer ne se pensait plus à travers Dieu, il se pensait désormais à travers lui-même. Et il s’éblouit lui-même, se complaisant dans l’orgueil. Il n’avait plus besoin de Dieu, il trouvait sa béatitude en lui-même

Il avait cependant oublié de qui il tenait ses dons et ses pouvoirs. Les ténèbres tombèrent sur lui. Désormais, il ne voyait plus que sa laideur qu’il dissimulait aux autres, son intelligence était déviée… Il ne pouvait plus revenir en arrière. Il entraîna avec lui des milliers d’Anges par son âme pervertie. On ne le nommait plus “beauté parfaite” ou “fils de l’aurore”, mais Prince des Ténèbres, Seigneur du mensonge… et ces titres ne lui déplaisaient pas. Il décida de faire payer aux Hommes son erreur et jura que, tant que lui, n’atteindrait pas le Bonheur dont il a été privé par leur faute, il en serait de même pour eux. Il allait les traquer. À sa souffrance, s’ajouta une colère sourde, une haine à la mesure de son amour d’autrefois. Dieu l’avait trompé ! Il les avait trop durement punis. Lucifer ne vit plus qu’en son Créateur un tyran et, aveuglé par sa terrible rage, il décida de jeter Dieu en bas de son Trône pour prendre sa place. Dieu ne réagit pas, il n’élimina pas Lucifer et le séraphin considéra alors la victoire comme imminente.

Il s’avança vers le Trône, suivi de son armée, encouragé par l’inaction des anges et de Dieu. Il se proclama l’égal de son Créateur. C’est alors qu’un cri ébranla les cieux : « Qui est comme Dieu ? » hurla-t-on. Michel se dressa entre Lucifer et le Trône Divin, le visage trahissant une sainte colère. Lui pourtant pacifiste et miséricordieux était prêt à défendre Dieu, caché et invisible. Michel seul à pourvoir le voir, scanda sa question, encourageant ainsi les Anges fidèles à se battre à ses côtés. Lucifer se rendit compte que ses légions étaient bien moins nombreuses que celles de Michel. La lumière qu’irradiait celui qui était son ami le brûla, une brûlure atroce qui le dévora sans le détruire, rendant Lucifer encore plus fou. Il ne craignait pas Michel, il était supérieur à lui.

Lucifer avait sous-estimé la puissance de l’union des Esprits de Dieu, tous les dons que Dieu avait offerts à ses Anges, la Lumière, l’Amour, la Vérité, la Beauté, la Justice… formaient une infranchissable barrière. La splendeur de Dieu les repoussa. Les Anges rebelles reculèrent et Lucifer tomba. Plus il chutait, plus le désespoir, la haine et le désir de faire du mal grandissaient en lui : il avait perdu une bataille, mais pas la guerre. Le Ciel lui était fermé. Il s’acharnerait pour qu’il en soit de même pour l’homme. »

***

Tout ça, toutes ces belles histoires racontées depuis des siècles, ne sont que le fruit du choix de vieux croutons qui ont cherché à créer leur nouvelle religion sur des bases « saines ». Merci, le concile de Nicée, 325, une date charnière pour la destruction du passé de nombreuses créatures. En choisissant les textes qui faisaient de Jésus un être à moitié Dieu, et non un simple homme, ils ont donné une raison de vivre à cette légende. Permettez-moi de rétablir la vérité. Le Bien, le Mal, tout cela n’est qu’une question de point de vue. Chacun à sa part d’ombres et de lumières.

Lucifer n’était pas la création de Dieu, mais son frère. Après la création des humains, Lucifer tomba amoureux d’une femme. La jeune déesse vivait parmi les créatures de Dieu attirées par leur beauté : Séléné, déesse de la Lune. À cet instant-là, Lucifer détourna l’amour qu’il devait avoir pour son frère pour la belle jeune femme.

De cette union naquirent deux enfants, des jumeaux à la beauté renversante, comparable à celle de leurs parents. Ils sont nés d’une union contre nature, celle de deux êtres vivants sur un plan différent. Ils mélangèrent leurs essences et créèrent ce qui n’aurait jamais dû être : des néphilims. Des êtres capables d’interagir entre les différents univers aussi naturellement qu’un homme était capable de détruire la terre que l’on avait créée pour lui.

Lorsqu’Il comprit que les deux enfants attiraient plus l’attention que lui, Dieu fut si jaloux qu’il demanda à ses plus proches conseillers de les faire tuer. Mais les nourrissons, déjà très puissants, réussirent à échapper à l’attaque des deux archanges, Michel et Raphaël.

Lorsqu’il l’apprit, Lucifer fut tellement fou de rage, qu’il fomenta une mutinerie contre son frère. Il créa une armée de fidèles avec laquelle il tenta de le détrôner et de venger la tentative d’assassinat contre ses enfants. Mais il échoua et fut exilé en enfer avec sa femme et les jumeaux. Les portes du paradis lui furent fermées. Depuis il cherche par tous les moyens à revenir sur ses terres d’origine non pas pour retrouver son statut de prince des anges, mais de se venger de son frère.

La femme ne put le supporter bien longtemps, elle une femme pleine de vie et belle et lumineuse, déesse du plus bel astre qui puisse exister. Elle repartit auprès des siens, abandonnant ses enfants à un homme aveuglé par la haine.

Soit, bien avant l’arrivée de Marie et de Jésus sur le parvis du Jardin de saint Pierre. Il paraît que l’arrivée soudaine d’un héritier du côté de Dieu n’était qu’une manière de faire de l’ombre aux fameux jumeaux. Si Dieu est bon et magnanime, pourquoi est-il aussi jaloux de simples enfants ? Mais peut-on réellement faire de l’ombre à la lumière lorsqu’elle est pure ?

Depuis, ils vivent en enfer, eux, ceux que l’on appelle désormais les Héritiers des Deux Étoiles. Enfants de l’Étoile du matin, et de l’Étoile de la nuit. Fils et fille du Dieu des enfers et de la Déesse de la Lune.

Mon frère et moi.

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