[Ecriture] L’Alchimiste, chapitre 4

Une nouvelle amitié

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L’hôtel particulier de la rue Mayfair était exactement comme dans son imagination, les rues s’enchainaient et se ressemblait dans cette ville où toute l’architecture avait été refaite pour satisfaire les envies de leur Reine, mais cette rue particulièrement avait ce petit plus qui nous indiquait que l’on se trouvait ici en présence de la haute société. Les façades blanches ornées de porches à colonnades, de grandes fenêtres en plein cintre, diffusant une douce lumière en cette fin d’après-midi. Si tout était comme dans son souvenir, elle serait parfaitement capable de se diriger dans les longs couloirs du rez-de-chaussée. Et cela lui faisait bien plus peur qu’elle n’était capable de l’avouer.

Intimidée comme elle l’avait rarement été, Thea se dirigea vers l’entrée, son fardeau sous le bras afin d’être présentée devant le comte. Le matin même, elle avait envoyé un courrier et avait reçu une réponse dans l’heure. Lady McDouglas semblait particulièrement enthousiaste à l’idée de voir le résultat final de son œuvre. Thea s’était donc habillée pour l’occasion d’une toilette dont elle espérait qu’elle saurait relever un peu son teint blafard et le mercure si particulier de ses yeux. Quant à ses cheveux d’un noir de jais, ils avaient été noués comme l’exigeait la mode du moment, légèrement bas sur la nuque, en un amas particulier de boucles extravagantes, dont certaines lui encadraient le visage, comme il sied parfois aux jeunes femmes du monde. Lire la suite

[Ecriture] L’Alchimiste, chapitre trois

Le pouvoir de l’art…

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Des flammes bleues, de la cendre qui s’envole, des braises au sol, un éclair rouge aveuglant et une douce chaleur électrisante qui envahissait tout son être…

Thea se réveilla en sursaut une nouvelle fois. Loin de s’estomper avec le temps, son trouble ne faisait qu’augmenter à mesure que les jours filaient. Elle n’avait pas réitéré l’expérience de la promenade nocturne. Le vieux Raheem l’avait tant rabroué après cet épisode qu’il avait décidé de lui atteler sa gouvernante comme chaperon. Adieu sa liberté tout juste retrouvée, bonjour la future vie de jeune femme de qualité. Cette situation étant temporaire, la jeune femme se doutait bien qu’elle finirait à gagner en autonomie à un moment à un autre.

Mey choisie le moment où Thea sortait du confort de sa couche pour entrer en trombe dans la chambre en maugréant contre sa nouvelle condition de femme de chambre. La vieille dame ne comprenait pas comment l’évêque avait pu se laisser berner aussi facilement. Du reste, Thea non plus n’y parvenait pas. Qu’il lui accorde l’asile le temps de quelques jours, c’était noble de sa part. Qu’il décide presque de l’adopter allait bien au-delà de la charité chrétienne. Il lui offrait une chance qu’elle ne pouvait ignorée, celle d’une vie meilleure. Celle dont elle avait à peine osé rêver depuis le début de ses aventures. Lire la suite

[Ecriture] L’Alchimiste – Chapitre 2

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Ces nouvelles robes acquises sur les deniers personnels de l’évêque, Thea se mit en tête de trouver des instruments et un matériel de peinture avec lesquels elle pourrait aider Saint-Paul et gagner sa vie convenablement. Elle n’était pas choquée de devoir gagner elle-même de quoi vivre seule, elle s’y était préparée, elle n’aurait très certainement pas tenu le même discours si sa mère avait toujours été de ce monde. Elle se promena dans sa nouvelle robe d’un bleu nuit profond à la frontière entre Whitechapel et la City. Elle ne connaissait pas suffisamment la ville pour connaître les lieux où se rendre pour acquérir un tel équipement, elle ne pouvait se rendre à Soho seule, et à pieds. Payer un fiacre relevait de l’hérésie pour une jeune femme de bonne famille sans chaperon. Elle n’allait certainement pas demander à l’évêque de l’accompagner partout où elle devait aller, il avait une charge à accomplir, il avait déjà été bien courtois lors de l’achat des robes. Lire la suite

[Ecriture] L’Alchimiste – Chapitre 1

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Sur le sommet de la colline, à quelques miles de sa ville, Thea regardait les maisons brûler. Le désespoir et la colère menaçaient de la submerger. Elle avait tout perdu, sa maison, son nom, sa famille, ses perspectives d’avenir. Quelques minutes avant que les Marcheurs d’Ombres n’attaquent en plein milieu de la nuit, son père la réveilla et la jeta sur un cheval avec un minimum de vivres et une bourse contenant toutes les réserves de la famille, soit une centaine de Livres. Il lui avait dit de fuir en lui faisant jurer de ne pas faire demi-tour avant d’être en sécurité dans les rues de Londres. Elle n’avait pu s’y résoudre. Une fois relativement à l’abri, elle s’était arrêtée, captivée par le spectacle qu’imposait le ballet des flammes. Tant de questions se bousculaient dans sa tête… Pourquoi son père était-il préparé à cette attaque ? Comment avait-il pu réagir aussi vite, avant même qu’ils n’aient atteint le village ? Pourquoi ne l’avait-il pas suivi ? Pourquoi était-il resté là-bas, sachant pertinemment qu’il ne survivrait pas ? Sa vie valait-elle mieux que celle des autres habitants du village ? Il y avait tellement de détermination dans son regard, quand il lui fit jurer de ne pas se retourner, comment aurait-elle pu lui faire face ?

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